PARIS (AFX) - Le groupe nucléaire français Areva pourrait
annoncer mardi un bénéfice 2007 en hausse grâce à des charges moins élevées et à
ses activités de transmission d'électricité, mais aussi un triplement de sa
dette, selon des prévisions d'analystes.
Areva pourrait annoncer un bénéfice net en progression de 9,3% à 709,5
millions d'euros, et un résultat opérationnel (Ebit) en forte hausse de près de
88% à 763,89 millions d'euros, estiment les analystes, selon un consensus établi
par l'agence Thomson Ibes.
Mais la dette d'Areva en 2007 triplerait à 2,539 milliards d'euros, contre
865 millions en 2006, en raison notamment des investissements, qui dépasseraient
en 2007 le milliard d'euros.
Le groupe français, leader mondial du nucléaire, a déjà publié son chiffre
d'affaires 2007, en hausse de 9,8% à 11,923 milliards d'euros, grâce aux
activités réacteurs et transmission.
Il a aussi enregistré des commandes record dopées par la Chine, anticipant
pour 2008 une "forte progression" des commandes et des ventes.
Les analystes d'Oddo prévoient un résultat opérationnel supérieur à 2006
grâce à de "moindres provisions attendues en 2007 par rapport à 2006" -- dues
aux retards du chantier du réacteur de troisième génération EPR en Finlande-- et
à "une amélioration sensible de la profitabilité de la division Transmission et
Distribution" (T&D, systèmes d'acheminement de l'électricité).
Ceux de Dexia anticipent aussi une progression de la marge du secteur T&D,
lequel a déjà annoncé que son objectif de ventes de 5 milliards d'euros serait
atteint dès 2008, au lieu de 2010.
Les analystes seront aussi attentifs à ce que dira le groupe sur la refonte
de son capital, au sujet de laquelle le ministère de l'Economie français a reçu
en février un rapport d'organismes conseils.
Un rapprochement éventuel entre Areva, actuellement public à 85%, et le
groupe industriel privé Alstom est l'un des schémas étudié par Paris.
Pierre Gadonneix, PDG du groupe français d'électricité EDF, qui détient
2,42% du capital d'Areva, a indiqué mercredi que la situation actuelle lui
convenait.
Le PDG d'Alstom a suggéré, le 15 février, que l'Etat puisse conserver un
"contrôle stratégique" sur les activités sensibles du groupe Areva-Alstom, à
travers par exemple des "actions préférentielles".
La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, est hostile à un
rapprochement avec Alstom, et préfèrerait une augmentation de capital pour
financer ses projets. Areva entend investir 10 milliards d'euros d'ici à 2012.
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