Par Céline LE PRIOUX
ATTENTION - revoici actualisé avec réaction de OHB ///
PARIS (AFX) - L'avionneur européen Airbus a rompu jeudi ses
négociations avec l'allemand MT Aerospace pour la vente de trois sites de
production en Allemagne, mais les continue avec le français Latécoère et
l'anglais GKN pour la cession d'usines en France et en Grande-Bretagne.
"Il n'était tout simplement pas possible de poursuivre nos négociations avec
OHB", maison mère de MT Aerospace, a déclaré jeudi Tom Enders, patron de Airbus,
à propos des usines de Varel (nord), Nordenham (nord) et Augsbourg (sud), en
Allemagne.
La petite société, présélectionnée en décembre dernier comme "repreneur
préférentiel", n'offrait pas de solution industrielle et économique viable,
a-t-il expliqué. De son côté, OHB a dit qu'un rachat n'aurait "pas offert de
perspectives économiques suffisantes" à terme.
En revanche, les discussions continuent avec le français Latécoère et
l'anglais GKN --choisis pour le rachat respectivement des sites de Méaulte
(Somme) et Saint-Nazaire-ville (Loire-Atlantique) en France et Filton (sud) en
Grande-Bretagne-- a précisé à l' un porte-parole d'Airbus, Rainer Ohler.
Elles doivent s'achever à l'été, conformément à ce qui avait été prévu, a-t-il
ajouté.
La cession de ces six sites spécialisés dans les aérostructures --fuselage,
nez, aile, empennage des avions-- s'inscrit dans le plan de restructuration et
d'économies d'Airbus Power8, annoncé en février 2007 face aux retards de
livraison de l'avion géant A380 et au coût du futur long-courrier A350 XWB, dont
la mise en service est prévue pour 2013.
Cependant, la volatilité des marchés financiers et la baisse continue du
dollar --actuellement 1 euro vaut 1,60 USD, contre 1,35 USD au moment du
lancement du plan-- ont rendu plus difficile les négociations avec les
repreneurs.
Dans un entretien jeudi au quotidien Le Figaro, le président exécutif du
groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, maison mère d'Airbus, Louis
Gallois, reconnaissait: "les acheteurs potentiels ont plus de difficultés à
trouver les financements nécessaires ; nous leur demandons en outre de prendre
leur part du risque dollar. Les cours actuels ne facilitent pas les choses".
Airbus ne renonce pas pour autant à la vente des trois sites allemands.
"Jusqu'à hier soir, nous avons négocié avec OHB. A partir de maintenant nous
sortons tous les radars pour trouver un autre investisseur", a martelé M. Ohler.
Interrogé sur la possibilité d'un rachat par l'américain Spirit, qui avait été
évoqué auparavant, il a dit: "tout est possible".
Une orientation désavouée par les syndicats allemands. "Nous continuons à
penser qu'une cession (des usines) est le mauvais chemin à suivre, même si M.
Enders y tient", a réagi un porte-parole de la section régionale du syndicat des
métallos, IG Metall du nord de l'Allemagne.
Le ministère allemand de l'Economie a quant à lui mis en garde: "pour
l'Allemagne, il est capital que la recherche, le développement et la production
industrielle ainsi que la technologie dans l'aéronautique (...) restent en
Allemagne. Je suis confiant que nous atteindrons cet objectif".
Concernant le site allemand d'Airbus à Laupheim (sud), chargé des
aménagements intérieurs, également en quête d'acheteur et pour l'instant sans
repreneur préférentiel, les négociations continuent, a précisé M. Ohler.
"La décision sur le nom d'un partenaire sera annoncée dans les prochaines
semaines", a-t-il dit. "Cela pourrait aussi bien être un français, qu'un
allemand, qu'un américain. Nous prendrons le meilleur pour Airbus", a-t-il dit.
Le français Zodiac, l'américain Aerospace Manufacturing Technologies (AMT),
les allemands Diehl et Käfer font partie des repreneurs potentiels régulièrement
cités dans la presse.
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