Par Etienne FONTAINE
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MILAN (AFX) - L'aéroport Malpensa de Milan perdra dimanche son
rang de plateforme de transit international avec la suppression de plus de deux
tiers des vols d'Alitalia, en dépit des protestations des élus et des
entrepreneurs du nord de l'Italie.
Dès dimanche, Alitalia va tailler dans le vif de son programme avec 366 vols
par semaine au départ ou à destination de Malpensa, contre plus de 1.200
précédemment, pour mettre fin aux pertes qu'elle subit sur l'aéroport milanais.
La compagnie italienne, qui négocie son rachat par Air France-KLM, met fin
en particulier à 14 de ses 17 liaisons intercontinentales pour ne conserver que
New York, Sao Paulo et Tokyo. Une partie des liaisons seront reportées sur
Rome.
"Alitalia n'a plus de hub à Malpensa", a reconnu Giuseppe Bonomi, président
de la société SEA qui gère les trois aéroports de la région de Milan (Malpensa,
Linate et Bergame), dans un entretien à Il Sole 24 ore.
"Dans les trois prochaines années, la typologie du trafic va changer sur
Malpensa: nous allons devenir un aéroport pour des liaisons de point à point et
nous n'aurons plus de transporteur pour alimenter cette plateforme et les vols
long courrier", a-t-il ajouté.
Cette diminution des vols va mettre au chômage technique 900 salariés de la
SEA sur un total de 5.600 tandis qu'Alitalia va transférer 170 salariés de son
activité de manutention sur Rome.
Avec le retrait de la compagnie italienne, la SEA prévoit une baisse de 70
millions d'euros par an de ses bénéfices.
Malpensa pourrait en outre subir un deuxième coup dur en 2010 avec l'arrêt
programmé par Air France-KLM de l'activité cargo d'Alitalia, basée à Malpensa et
dont les pertes représentent un tiers du chiffre d'affaires.
Pour Oliviero Baccelli, professeur à l'unité de recherche sur le transport
et le tourisme de l'université Bocconi de Milan, "Malpensa mettra de 3 à 4 ans à
récupérer les passagers perdus par le départ d'Alitalia".
"Les compagnies aériennes font leur programmation à moyen terme. Le
rattrapage sera plus facile sur les destinations de l'Union européenne et des
compagnies comme Easyjet, AirOne, Lufthansa ou Swiss ont déjà annoncé ou
envisagent un renforcement de leurs dessertes à Malpensa", estime t-il.
"En revanche, les accords bilatéraux qui réglementent les liaisons avec de
nombreux pays d'autres continents seront un frein", ajoute t-il.
Au total, Malpensa va voir "croître le nombre de passagers des compagnies à
bas coûts et décroître la clientèle affaires et venant d'autres continents",
souligne M. Baccelli.
Mais les difficultés de l'aéroport milanais, situé à environ 40 kilomètres
du centre-ville, ne sont pas seulement imputables à Alitalia.
Depuis son inauguration en 1998, il a dû affronter la concurrence inattendue
de Linate, situé à environ 10 km du centre, et a souffert d'une mauvaise liaison
avec le centre-ville de Milan et de l'échec du rapprochement avec KLM en 2000,
souligne le professeur.
Ainsi, Linate qui devait être cantonné aux liaisons Milan-Rome, a continué à
se développer, avec la bénédiction des politiques, tandis que les travaux pour
relier Malpensa prenaient du retard.
Le raccordement de Malpensa avec l'autoroute Turin-Milan va être inauguré
dimanche, avec plusieurs années de retard, tandis que la date du raccordement
ferroviaire avec la gare centrale de Milan n'est toujours pas fixée.
Pendant ce temps, une foule d'aéroports régionaux se sont développés grâce
aux compagnies à bas coûts, détournant une partie du potentiel de Malpensa.
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