Allemagne: EON propose de placer le réseau dans holding contrôlée par
Berlin
ATTENTION - Revoici par précaution ///
BERLIN (AFX) - Wulf Bernotat, le patron du géant de l'énergie
allemand E.ON qui veut céder son réseau électrique pour satisfaire Bruxelles, a
proposé de le placer au sein d'une holding qui compterait des investisseurs
privés mais serait sous la tutelle de l'Etat allemand.
"Comme ça, l'infrastructure, extrêmement importante pour la sécurité
d'approvisionnement, resterait au moins dans la zone d'influence du
gouvernement", a déclaré M. Bernotat à l'hebdomadaire Der Spiegel à paraître
lundi.
E.ON, numéro un européen de l'électricité et du gaz, a confirmé jeudi qu'il
entendait bien vendre ses lignes haute tension "à un opérateur qui n'aurait
aucun intérêt dans la production ou la fourniture d'électricité".
En signe de bonne volonté envers la Commission européenne, il entend aussi
céder à des concurrents des capacités de production représentant au total 4.800
mégawatts.
E.ON prend ainsi à revers le gouvernement allemand, qui bataille depuis des
mois contre la volonté de Bruxelles de séparer production et réseau de
distribution d'électricité en Europe.
La proposition de M. Bernotat apparaît comme une façon de renouer le
dialogue avec Berlin, alors que le gouvernement a critiqué en filigrane vendredi
le projet d'E.ON.
Le marché allemand est dominé par un quatuor composé de EON, RWE, Vattenfall
et EnBW.
Selon Der Spiegel, M. Bernotat a négocié avec la Commissaire européenne à la
Concurrence Neelie Kroes l'abandon de certaines enquêtes de Bruxelles contre
E.ON en échange de la bonne volonté du groupe allemand. "Les détails de cet
accord étonnant ont été discutés au téléphone la semaine dernière", écrit
l'hebdomadaire.
"Je suis loin de dire que +c'est un dégagement génial!+, mais dans les
circonstances actuelles, c'était ce qu'on pouvait obtenir de mieux", a déclaré
M. Bernotat, cité par le Spiegel.
De son côté, un député social-démocrate (SPD), Hermann Scheer, dont le parti
est membre de la coalition au pouvoir à Berlin, a demandé la nationalisation de
tous les réseaux électriques aux mains de différents groupes, tandis que la
Fédération des centrales de consommateurs (vzbv) a mis en garde contre une vente
hâtive par E.ON de son réseau électrique, au nom de l'intérêt des clients.
ak/liu
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