Allemagne: le réveil de la consommation n'est pas pour tout de suite (GfK)
(ACTUALISATION)
ATTENTION - ajoute commentaires d'analystes ///
FRANCFORT (Allemagne) (AFX) - Le réveil tant espéré de la
consommation n'est pas pour tout de suite, comme le révèle la dernière enquête
de l'institut GfK publiée mercredi, les Allemands restant très méfiants face à
l'envolée des prix et les turbulences économiques mondiales.
Le baromètre GfK, principal outil de mesure de la consommation en Allemagne,
s'est établi à 4,5 points, inchangé par rapport aux deux enquêtes précédentes et
légèrement supérieur aux attentes du consensus des économistes.
"Le printemps (de la consommation) n'est pas encore en vue", constate
l'institut dans un communiqué.
Les Allemands s'inquiètent des conséquences pour leur économie du
ralentissement de la croissance mondiale, de la santé défaillante de la
conjoncture outre-atlantique et des sautes d'humeur sur les marchés boursiers.
L'inflation reste élevée --avec un taux provisoire de 2,7% en janvier-- et les
décourage de dépenser, selon l'institut.
Les attentes pour la conjoncture et la propension à dépenser, deux
composantes du baromètre, ont ainsi reculé dans ce nouveau sondage, effectué
auprès de quelque 2.000 personnes.
Cette méfiance a toutefois été compensée par l'espoir d'une augmentation des
revenus personnels. Un phénomène lié à la fois au repli continu du chômage, à la
perspective de fortes hausses salariales lors des négociations en cours ou à
venir et aux récentes statistiques montrant que la première économie de la zone
euro reste robuste.
"Le consommateur ne sait toujours pas quelle direction prendre", résume
l'institut. Mais une chose est sûre : une poursuite de la baisse du chômage et
des "prix acceptables" pour l'énergie, le carburant et les denrées alimentaires
sont des conditions sine qua non au réveil tant attendu de la consommation.
Berlin fonde en effet tous ses espoirs sur une reprise de la consommation
cette année, qui prendrait le relais des exportations comme moteur de la
croissance. Des ventes à l'export qui risquent de souffrir davantage alors que
l'euro s'envole de sommets en sommets.
Le gouvernement allemand mise sur une croissance de 1,7% cette année, après
2,5% en 2007 et 2,9% en 2006.
Le climat des affaires Ifo publié mardi avait révélé un net ressaisissement
du moral des commerçants de détail en février, une encourageante surprise pour
beaucoup d'économistes.
Le nouveau sondage de GfK a le mérite de rester stable. En cela, il
représente "un rayon d'espoir", estime Martin Lueck d'UBS.
Cela "renforce les chances d'avoir au moins une modeste contribution des
dépenses privées à la croissance du Produit intérieur brut au premier semestre
2008", renchérit la banque UniCredit dans une note.
"Avec un emploi progressant toujours à un bon rythme et les accords
salariaux 2008 qui devraient se conclure par les plus fortes hausses de la
décennie, il y a une forte probabilité que le revenu disponible augmente de
façon plus dynamique que dans le passé récent", formule prudemment l'économiste
d'UBS.
Mais la question est de savoir "dans quelle mesure les consommateurs vont
vraiment dépenser ce revenu additionnel", alors que la moindre mauvaise nouvelle
économique et la moindre hausse des prix entraînent immédiatement une attitude
de repli des Allemands.
Au dernier trimestre 2007, ils ont consacré 9,7% de leur revenu disponible à
l'épargne, un sommet depuis 1994 selon des chiffres de l'Office des statistiques
Destatis, contre 9,2% en moyenne au troisième trimestre.
Cette "sensibilité" s'est aussi illustrée dans la baisse de 0,8% de la
consommation au dernier trimestre 2007 comparé au précédent, en pleine période
de fêtes de fin d'année, d'ordinaire pain béni pour le commerce.
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