Baisse croissance: Migaud (PS) redoute "un plan de rigueur sans précédent"
PARIS (AFX) - Le président PS de la commission des Finances de
l'Assemblée nationale, Didier Migaud, a déclaré mercredi redouter "un plan de
rigueur d'une ampleur sans précédent" après l'annonce par François Fillon d'une
révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2008.
"Nous sommes dans le scénario parmi les plus pessimistes qui avaient été
présentés au moment de la loi de finances initiale (à l'automne dernier)", a
déclaré à l' le député de l'Isère.
M. Migaud réagissait à l'entretien du Premier ministre à L'Express à
paraître jeudi. Le chef du gouvernement prévoit une croissance "entre 1,7% et
2%" pour 2008, alors que l'exécutif a bâti le budget 2008 sur une hypothèse de
2,25%.
"Nous n'augmenterons pas les dépenses", s'est engagé M. Fillon. "Pour les
maintenir au niveau prévu, nous annulerons tout ou partie des sept milliards
d'euros (NDLR: du budget 2008) mis en réserve en début d'année".
"Si le Premier ministre envisage d'annuler sept milliards de crédits, cela
représenterait un plan de rigueur d'une ampleur sans précédent", a commenté M.
Migaud.
Le président de la commission des Finances a aussi estimé qu'il y avait "des
silences troublants" dans l'entretien de M. Fillon.
"Lorsque le Premier ministre dit que la +dette accumulée par la Sécurité
sociale ne sera pas financée par des prélèvements obligatoires supplémentaires+,
il manque quelque chose : par quoi sera-t-elle financée ?", s'interroge-t-il.
"Un gouvernement peut-il accepter une dégradation aussi forte de nos comptes
publics sans réagir ? Nos partenaires européens nous laisseront-ils ? Ne nous
imposeront-ils pas un certain nombre de mesures ?", poursuit M. Migaud.
"Lorsque le Premier ministre dit que, depuis juillet 2007, on travaille
quatre heures de plus par mois, soit il est mal informé, soit il est trompé,
soit il ne dit pas la vérité. Cela n'est pas vrai", assure-t-il.
Sur la forme, le président de la commission des Finances regrette "que le
Premier ministre soit plus précis dans une interview qu'il ne l'a été hier
(NDLR: mardi) devant la représentation nationale".
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, devrait de nouveau
interpeller le Premier ministre mercredi sur la situation économique.
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