TOKYO (AFX) - Les Japonais jugent que leur gouvernement est
plus coupable que l'opposition de la crise de succession à la Banque du Japon
(BoJ), laquelle est actuellement sans gouverneur à cause d'une querelle
politique, selon un sondage rendu public lundi par le quotidien Nikkei.
Selon ce sondage, réalisé auprès de 1.574 personnes, 41% des électeurs
accusent le gouvernement conservateur de Yasuo Fukuda d'avoir créé cette
situation. Seuls 27% accusent l'opposition de centre-gauche.
Le Sénat japonais, contrôlé par l'opposition, a refusé successivement ces
dernières semaines l'investiture de deux candidats proposés par le gouvernement
pour le poste de gouverneur de la BoJ. Du coup, le siège s'est retrouvé vacant à
l'expiration le 19 mars du mandat du gouverneur sortant, Toshihiko Fukui.
Le gouvernement a accusé l'opposition d'avoir fait preuve d'irresponsabilité
en privant la BoJ de gouverneur en pleine crise financière mondiale, et d'avoir
agi dans l'unique souci de paralyser l'action de l'exécutif.
L'opposition a pour sa part accusé le gouvernement de s'y être pris trop
tard, et d'avoir désigné ses candidats sans se soucier de savoir si ceux-ci
avaient ou non des chances d'obtenir l'investiture devant le Sénat.
Les candidats proposés par M. Fukuda, Toshiro Muto et Koji Tanami, étaient
accusés par l'opposition de manquer d'indépendance à l'égard du pouvoir, en
raison de leurs passés d'anciens vice-ministres des Finances.
Selon le sondage du Nikkei, la cote de popularité du gouvernement Fukuda a
chuté à 31% en mars, soit neuf points de moins qu'en février.
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