LA PAZ (AFX) - Le président bolivien, Evo Morales, a annoncé
jeudi une série de mesures pour lutter contre la hausse des prix alimentaires et
garantir l'approvisionnement alors que certains produits de bases commencent à
manquer provoquant un mécontentement populaire.
Le président socialiste a reconnu jeudi lors d'une conférence de presse au
palais présidentiel de La Paz que le décret avait été pris "pour répondre aux
demandes de la population devant le manque de produits alimentaires" et visait
aussi à "éviter la contrebande de certaines denrées nécessaires au peuple
bolivien".
Le gouvernement a suspendu totalement la taxe d'importation sur les produits
alimentaires de base comme la viande, le riz, le maïs, le blé, le sucre,
l'huile, les graisses végétales et a interdit en même temps l'exportation de la
plupart de ces denrées.
De plus les autorités vont mettre en place un mécanisme de contrôle du
transport, de la distribution et de la commercialisation des produits de
première nécessité et renforcer la lutte contre la contrebande et le marché
noir.
Le chef de l'Etat a affirmé qu'il possédait des informations concernant "une
quantité impressionnante de bétail qui partait vers le Pérou", un pays voisin.
Si l'inflation s'est élevée à 11,7% en 2007 selon la banque centrale, la
hausse du lait a été de plus de 80%, de la pomme de terre de presque 100%, du
poulet de 60% et de la viande de 45%.
Les inondations qui ravagent depuis le mois de novembre les régions de Beni,
au nord et de Santa Cruz à l'est, ont désorganisé tout le système de
distribution alimentaire et entrainé des pertes financières estimées à plusieurs
centaines de millions de dollars.
En outre, la Bolivie (9 millions d'habitants), le pays le plus pauvre
d'Amérique du sud, traverse actuellement une grave crise politique et sociale et
souffre notamment du manque d'investissements particulièrement dans le domaine
des hydrocarbures, sa principale richesse.
Les compagnies pétrolières internationales ont gelé leurs investissements
gaziers en Bolivie depuis la "nationalisation" en mai 2006 des gisements par le
gouvernement de gauche et critiquent notamment "le manque de sécurité
juridique".
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