Brookley, future base d'EADS aux USA (DOSSIER, PAPIER D'ANGLE)
Par David DIEUDONNE
=(PHOTO+VIDEO)=
MOBILE (Etats-Unis) (AFX) - Brookley, le site de Mobile
(Alabama, sud) choisi par les constructeurs EADS et Northrop Grumman pour
assembler les avions ravitailleurs commandés par le Pentagone, est une ancienne
base de l'armée de l'Air, qui cherche à redécoller depuis quarante ans.
"Aujourd'hui, il n'y a que deux endroits dans le monde où l'on fabrique des
avions gros porteurs: l'un est à Toulouse en France, l'autre est à Seattle, dans
l'état de Washington", rappelle Bob Riley, le gouverneur de l'Alabama. "Mais il
va y en avoir un troisième et ce sera Mobile, en Alabama".
"Je pense qu'il faudra dix ans pour atteindre le niveau de Blagnac", le
principal site de production d'Airbus, dans la banlieue de Toulouse, estime
toutefois Bill Sisson, le vice-président de la Chambre de Commerce locale.
Outre les 1.500 emplois directs créés par l'assemblage de l'Airbus
ravitailleurs et l'A330 cargo, 3 à 5.000 postes seront créés chez les
sous-traitants, calcule-t-il. Plus des milliers d'emplois de service.
A l'entrée du complexe, situé dans la périphérie sud de Mobile, s'élève le
centre d'ingéniérie d'Airbus, sur lequel flotte le drapeau américain.
"A l'origine, nous avons été créé pour travailler sur le programme Airbus
A350", le futur long-courrier de l'avionneur européen, explique le patron du
site, David Trent. Depuis, le travail des 65 ingénieurs recrutés localement
s'est élargi à l'A330 cargo, dont la chaîne d'assemblage doit être situé à
quelques dizaines mètres de celle montant les ravitailleurs.
Brookley n'a pas toujours été en pointe: la base de maintenance militaire
qui s'y était installée avant-guerre, a fermé en 1968, laissant 16.000 employés
civils sur le carreau.
Sa piste aux dimensions rares (9.600 pieds, environ 3 km), est l'une des
rares à avoir vu atterrir la navette spatiale américaine.
L'autre grand atout du site est qu'il est connecté au port de Mobile. Un
débarcadère existant permet de décharger des boîtes de 50 mètres, suffisantes
pour contenir une aile d'avion.
Mobile Aerospace Engineering (MAE), une entreprise singapourienne de
maintenance d'avions commerciaux, est aujourd'hui le principal employeur du site
qui comprend également un petit aéroport.
Si le contrat du Pentagone est bien octroyé à EADS/Northrop, l'actuel tarmac
sera divisé en deux zones, l'une pour Northrop, l'autre pour EADS, parfaitement
hermétiques, sur des surfaces respectives de 30 hectares. Les hangars devraient
faire 20.000 mètres carrés chacun, et n'avoir pas même un mur en commun, pour
éviter que les secrets militaires ne passent côté européen, explique Marc
Pelham, le directeur de l'autorité aéroportuaire.
Tous les plans sont faits mais les travaux n'ont pas commencé à cause de
l'appel déposé par Boeing. Lorsque la Cour des comptes américaine rendra sa
décision, à la mi-juin, l'armée aura, le cas échéant, 30 jours pour notifier les
industriels qu'ils peuvent donner le premier coup de pioche.
dd/fga/bfi
|