Crise des subprimes: les banques régionales américaines touchées à leur tour
(PAPIER D'ANGLE)
Par David DIEUDONNE
WASHINGTON (AFX) - Fremont General, une banque régionale
américaine basée en Californie (sud-est), risque d'être la prochaine victime de
la crise des "subprimes", qui secoue les ténors de Wall Street.
Dans un avis transmis vendredi à la Securities and exchange commission
(SEC), gendarme boursier américain, Fremont General a annoncé que la FDIC, une
agence fédérale de régulation, l'avait enjoint de procéder sous 60 jours à des
mesures de recapitalisation.
"La directive impose à (la banque) Fremont Investment & Loan, (sa
maison-mère) Fremont General Corporation et Fremont General Credit Corporation,
de prendre au moins une des actions suivantes pour recapitaliser l'établissement
d'ici 60 jours, soit le 26 mai", indique le document, qui énumère plusieurs
mesures.
La FDIC a en particulier recommandé à la firme, basée à Brea (Californie),
de céder droits de votes et obligations pour atteindre un seuil de
capitalisation satisfaisant. Si cela n'est pas suffisant, la FDIC prescrit
purement et simplement la cession ou la fusion de ses activités bancaires.
Cette injonction, qui appelle à une "action corrective rapide", est rare,
explique samedi le Wall Street Journal.
Même si les difficultés de l'établissement de prêt californien ne pose pas
une menace directe à l'ensemble du système financier, ses déboires marquent une
nouvelle étape de la vague de turbulence qui a débuté l'été dernier, juge-t-il.
Si Fremont ne parvient à pas à se renflouer, les autorités de régulations
pourraient procéder à sa saisie, et signer le plus important échec bancaire de
ces vingt dernières années, signale le quotidien américain des affaires.
Le titre Fremont General a fini la semaine sur une chute de 14,75%,
clôturant à 0,52 dollars.
Fondé en 1937, Fremont est longtemps resté un obscur établissement de crédit
de la Central Valley, à peine doté d'une dizaine de succursales. Mais à la
faveur de la bulle immobilière, il s'est imposé comme un acteur conséquent sur
le marché des emprunts hypothécaire à risque (subprime).
Au plus fort de sa croissance, Fremont comptait parmi les dix premiers
prêteurs américains, un rang auquel il s'était élevé à coup de pratiques
commerciales agressives, explique le WSJ.
Sa disgrâce illustre les craintes et avertissements formulés récemment par
le président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke.
Le 28 février, il avait estimé que la crise financière allait "probablement"
entraîner des défaillances parmi les petites banques, devant le Congrès.
Mais "parmi les grandes banques, les ratios de capitaux restent bons, et je
ne prévois pas de grave problème de ce genre dans les grandes banques présentes
à l'international qui constituent une part très importante de notre système
bancaire", avait-il ajouté, quelques jours avant le sauvetage de Bear Stearns.
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