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BUCAREST (AFX) - Des milliers de salariés de l'usine Dacia
(groupe Renault) ont poursuivi mardi la grève illimitée entamée la veille sur le
site de Pitesti (nord-ouest de Bucarest), alors que syndicat et patronat se
disent ouverts à de nouvelles négociations.
"Nous sommes préparés pour la grève dont l'issue dépend uniquement des
responsables de l'administration", a déclaré Nicolae Pavelescu, l'un des leaders
syndicaux de Dacia, cité par l'agence Mediafax.
"Nous sommes prêts à toutes discussions réalistes", a poursuivi M. Pavelescu
qui donne déjà rendez-vous à mercredi, première étape de la plainte en justice
déposée par la direction pour contester la "légalité" de la grève.
"Nous sommes ouverts au dialogue avec les leaders syndicaux et attendons
qu'ils viennent discuter", a déclaré pour sa part Liviu Ion, porte-parole de
Dacia.
"Notre offre est connue de tout le monde, y compris des syndicalistes",
a-t-il ajouté, rappelant que les augmentations "réalistes" ne pourront dépasser
les 144 lei (environ 44 euros), là où les syndicalistes réclament notamment une
revalorisation de 550 lei (environ 148 euros), accordée en deux tranches, et une
majoration des primes accordées à Pâques et à Noël.
Une rencontre dans la matinée entre des représentants des grévistes et du
patronat n'a produit aucune avancée, les deux parties se bornant à "établir le
programme des négociations futures", selon un responsable syndical, Marin
Anghel.
Devant l'usine, dont l'accès est interdit aux journalistes, des salariés
exprimaient leur mécontentement, accusant le groupe français de n'être "qu'une
société capitaliste dont le but est de faire du profit, sans accorder la moindre
importance à ses salariés".
"Nous ne sommes pas une colonie française!", clame un ouvrier gréviste en
colère, tandis qu'un autre renchérit: "Nous produisons à grand rendement et
notre travail n'est nullement récompensé", dit-il, en soulignant que les
employés "fabriquent une voiture toutes les 52 secondes" mais "l'argent quitte
la Roumanie au profit de la France".
"Nous connaissons les importants bénéfices de la société, notamment ceux de
l'année dernière et nous réclamons un juste retour par une augmentation de notre
salaire" explique un autre ouvrier en grève.
"Je regrette l'époque d'avant 1999", année de la reprise de l'usine par
Renault, commente un "ancien" de chez Dacia.
Selon le quotidien Evenimentul Zilei, le syndicat justifie ses demandes par
les résultats spectaculaires enregistrés par Dacia et notamment la hausse de 62%
des ventes les deux premiers mois de l'année, qui se traduit par 10% des ventes
du groupe Renault durant cette période.
"Ces demandes pourraient mettre en péril l'avenir de l'usine, tout en
sachant que, d'ici 2010, les usines Renault devraient ouvrir au Maroc, en Inde
et en Russie et seront en mesure de produire la Logan", a averti François
Fourmont, directeur général de Dacia, dans une lettre ouverte citée par
Evenimentul Zilei.
La grève, déclenchée lundi, serait suivie par près de 80% des salariés selon
le syndicat et 49% selon la direction, sur les quelque 13.000 employés de
l'usine.
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