Explosion à Lyon: GDF et les entreprises de BTP se renvoient la balle
(ACTUALISATION, PAPIER D'ANGLE)
Par Germain MOYON
PARIS (AFX) - GDF et les entreprises de travaux publics se sont
renvoyé la balle vendredi après l'explosion d'une conduite de gaz qui a coûté la
vie à un pompier à Lyon, les entrepreneurs regrettant qu'on leur fournisse des
plans le plus souvent "imprécis et inexploitables".
En visite sur les lieux de l'explosion, qui a fait jeudi un mort et quarante
blessés, le PDG de GDF, Jean-François Cirelli, a implicitement mis en cause
l'entreprise qui effectuait les travaux sur la canalisation.
"Nous avions transmis les informations et les plans à l'entreprise en charge
des travaux sur la voirie mais cela n'a pas été suffisant", a déploré M.
Cirelli.
"Là où une chaîne d'acteurs est concernée, il ne faudrait pas faire endosser
aux entreprises le rôle de bouc émissaire", a réagi la Fédération nationale des
travaux publics (FNTP) vendredi soir.
Les canalisations de gaz sont régulièrement pointées du doigt après des
explosions, parfois meurtrières, comme à Lyon jeudi et fin octobre à Bondy
(Seine-Saint-Denis), où la rupture d'une conduite de gaz avait provoqué un
incendie dans un restaurant, faisant un mort et 52 blessés.
La fédération "regrette que maîtres d'ouvrages et concessionnaires (EDF,
GDF, France Télécom...) s'affranchissent le plus souvent, et en toute impunité,
de la réglementation: les plans des réseaux enterrés ne sont fréquemment pas
fournis aux entreprises ou sont imprécis et inexploitables".
De fait, explique-t-on à la FNTP, alors qu'ils représentent 80% des
accidents, les embranchements reliant le réseau aux immeubles ne figurent pas
sur les plans fournis par les exploitants.
En outre, "il y a des canalisations dont on ne connaît même pas l'existence,
parce qu'il y a cinquante ans, on ne les représentait pas" sur les plans,
déplore-t-elle.
Pour tous travaux de proximité, la loi oblige le maître d'ouvrage à se
procurer les "plans de zonage" des conduites enterrées par divers exploitants:
EDF, GDF, France Télécom, Suez, Veolia... puis à les communiquer aux
entreprises.
L'entreprise de travaux publics doit à son tour les demander une fois
qu'elle a remporté l'appel d'offres.
Mais ces plans posent aussi un problème de précision, notamment parce qu'ils
sont en deux dimensions. "Ils indiquent la profondeur réglementaire, mais il y a
des travaux en permanence, et les sols bougent", a expliqué à l' un
porte-parole de la FNTP.
La fédération demande que des plans en trois dimensions et numérisés soient
réalisés avant chaque chantier, à la charge du maître d'ouvrage, qui devrait
alors les intégrer dans l'appel d'offres.
"Il y a un marché", indique une source du BTP qui souhaite garder
l'anonymat. "Il y a des entreprises spécialisées et des techniques, via
satellite notamment, qui permettent de repérer les canalisations", a-t-elle
expliqué.
La fédération, qui avait formulé cette demande après l'explosion de Bondy, a
été depuis auditionnée dans le cadre de la rédaction d'un rapport remis au
ministère de l'Intérieur.
La fédération énergie de la CGT, a dénoncé un problème qui relève "de la
sécurité publique". Selon elle, plus de 6.200 arrachements d'ouvrages et de
canalisations de gaz ont été recensés en 2007. La direction de GDF a confirmé ce
chiffre, tout en soulignant qu'il s'agissait d'"incidents" "sans conséquences"
pour la majorité d'entre eux.
gmo/ros/LyS
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