Fannie Mae et Freddie Mac, rouage essentiel du crédit immobilier aux USA
(ENCADRE)
NEW YORK (AFX) - Les deux piliers du refinancement immobilier
aux Etats-Unis, Fannie Mae et Freddie Mac, de nouveau l'objet d'un accès de
panique boursière, assurent depuis quarante ans la fluidité du marché du crédit
immobilier américain en rachetant des prêts aux banques.
De leurs vrais noms Federal National Mortgage Association (Fannie Mae) et
Federal Home Loan Mortgage Corporation (Freddie Mac), les deux établissements
sont des sociétés privées, qui ne sont pas liées formellement à l'Etat américain
mais disposent d'une ligne de crédit garantie par ce dernier.
Cette facilité leur permet d'emprunter de l'argent sur le marché à des taux
bien plus faibles qu'une banque. Tous deux usent de cette capacité pour remplir
leur mission, à savoir racheter des prêts immobiliers aux établissements de
crédit qui les ont souscrits.
En se portant acquéreurs de ces prêts, Fannie Mae et Freddie Mac permettent
aux établissements de crédit de s'en décharger et de pouvoir ainsi souscrire de
nouveaux prêts. Ils garantissent ainsi le maintien d'une offre de crédit à des
conditions plus favorables que si le marché se régulait seul.
Aucune des deux sociétés ne consent directement des prêts à des
particuliers.
Les deux groupes avaient déjà été à l'origine d'un mouvement de panique
début juillet à Wall Street, poussant les autorités américaines à dévoiler un
plan de soutien en urgence.
Par ce plan, le Trésor s'est engagé à augmenter temporairement la ligne de
crédit qu'il consent aux deux groupes et à acheter leurs actions. De son côté,
la banque centrale (Fed) leur donne la possibilité de se refinancer à sa fenêtre
d'escompte, conçue à la base pour les banques commerciales mais élargie
récemment aux banques d'affaires.
Créé en 1938 en tant qu'établissement public sous l'impulsion du président
américain Franklin Roosevelt, pour contribuer à sortir de la Grande Dépression,
Fannie Mae est passé sous statut privé en 1968. Freddie Mac est lui né d'une loi
votée par le Congrès en 1970.
Depuis, leurs portefeuilles de prêts ont crû à un rythme très soutenu, celui
de Freddie Mac faisant plus que tripler entre 1995 et 2007.
A fin mai, leurs engagements atteignaient au total 5.200 milliards de
dollars, soit un tiers de la capitalisation de la Bourse de New York et plus
d'un tiers du Produit intérieur brut américain.
Leur rayon d'action est très étendu grâce à la titrisation, procédé qui
permet de transformer des créances en obligations, pour les vendre ensuite sur
les marchés.
L'an dernier, les obligations adossées à des prêts immobiliers ont été le
principal moteur de la propagation de la crise des crédits immobiliers à risque,
dits "subprime", aux marchés financiers.
Fannie Mae et Freddie Mac ont longtemps fait preuve d'une certaine opacité
dans leur gestion, laquelle a été sévèrement critiquée, avant d'amorcer un
redressement ces dernières années.
Fin 2004, Fannie Mae avait été reconnu coupable par l'autorité américaine
des marché (SEC) d'avoir manipulé ses comptes sur des produits dérivés,
l'obligeant à rembourser neuf milliards de dollars.
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