PARIS (AFX) - Des salariés des magasins Fnac de province se
sont de nouveau mis en grève samedi pour des augmentations salariales et contre
"l'hémorragie des effectifs", selon des sources syndicales, alors que la
direction évoquait une mobilisation "assez faible".
Selon celle-ci, il y a eu "moins de 4% de grévistes", "majoritairement des
délégués syndicaux".
D'après des porte-parole de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FO-Unsa-CNT-Sud,
une vingtaine de magasins dont ceux de Lyon, Clermont-Ferrand, Marseille,
Montpellier, Toulon, Annecy, Rennes, Lille, Troyes, Metz et Rouen, ont été
touchés sur les 50 magasins hors région parisienne.
Pour la CGT, en raison des congés posés pour le week-end de Pâques, le
mouvement a été légèrement moindre que le 11 mars, lors d'une première journée
de grève qui avait précédé le début des négociations salariales.
A Montpellier, selon une déléguée Unsa, la moitié du personnel a débrayé
samedi pendant deux heures et distribué des tracts aux clients sur l'air de "mon
job n'est plus pérenne, c'est la faute à Olivennes", du nom du PDG de la Fnac,
ou "j'ai le moral à zéro c'est la faute à Pinault", le PDG de PPR, propriétaire
de l'enseigne de distribution de produits culturels.
Au magasin de Lyon République, une quarantaine de salariés, selon Sud, ont
expliqué par mégaphone que "Pinault n'a jamais autant gagné et tout ce qu'il
propose c'est de monétiser nos RTT pour gagner plus".
Jeudi déjà, une centaine de salariés des Fnac de région parisienne avaient
manifesté devant le magasin place de la Bastille à Paris pour les mêmes motifs.
Une nouvelle séance de négociations est prévue mercredi mais "la direction
ne semble pas prête à lâcher quoi que ce soit, elle ne propose qu'une enveloppe
de 1,5% d'augmentations au mérite et pas d'augmentation générale", a déploré
André Chapuis, délégué syndical central CGT.
De son côté, la direction, qui ne souhaite pas détailler ses propositions
"en cours de discussion", fait cependant valoir que "les salaires de base ont
augmenté de 6% en deux ans" et que "l'intéressement en 2007 a représenté un 14e
mois de salaire pour les salariés hors Paris".
Sur le volet emploi, la direction met en avant le bon taux de reclassement
des salariés, à 83,5%, dans le cadre du plan social présenté en avril 2007 et
prévoyant la suppression de 430 emplois administratifs d'ici mi-2008.
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