Focalisée sur l'emploi, Wall Street va craindre la preuve d'une récession
(BOURSE HEBDO)
Par Marie JULIEN
NEW YORK (AFX) - Après un mauvais premier trimestre, la Bourse
de New York aborde une nouvelle semaine taraudée par l'inquiétude de voir ses
craintes d'une entrée en récession des Etats-Unis confirmées par plusieurs
indicateurs d'activité, en premier lieu le rapport mensuel sur l'emploi.
Le rebond de Wall Street de la semaine dernière n'aura été qu'une parenthèse
éphémère, porté par la vague d'enthousiasme déclenchée par les actions de la
Réserve fédérale. Mais des déceptions sur les performances des entreprises, les
incertitudes persistantes sur le secteur bancaire et de nouveaux indicateurs en
baisse ont replongé les investisseurs dans l'incertitude.
"En fait, le marché a surtout patiné et c'est déjà plutôt bien", vu le
contexte, a jugé Peter Cardillo, analyste d'Avalon Partners.
Sur la semaine écoulée, l'indice vedette Dow Jones a cédé 1,17%, pour finir
vendredi à 12.216,40 points et l'indice élargi Standard and Poor's 500 a perdu
1,16% à 1.315,22 points. Le Nasdaq, à forte composante technologique, est lui
resté stable (+0,14%) à 2.261,18 points.
Alors qu'il ne reste plus qu'une seule séance, mars devrait s'achever non
loin de l'équilibre, après des mois de janvier et février très mauvais. Pour
l'instant, le Dow Jones a perdu 0,41% sur le mois, le Nasdaq 0,45% et le SP 500
1,16%.
Cette semaine, le marché obligataire s'est replié: le rendement du bon du
Trésor à 10 ans, qui évolue en sens inverse du prix des obligations a monté à
3,466%, contre 3,328% vendredi dernier, et celui à 30 ans à 4,345% contre
4,165%.
La semaine prochaine, "il va être difficile au marché de se fixer une
direction, car ce sera la fin du trimestre, mais pas encore la période des
résultats trimestriels", qui va vraiment battre son plein à compter de mi-avril,
estime Art Hogan, analyste de la maison de courtage Jefferies.
Pour M. Cardillo, "le marché sera influencé par une combinaison de chiffres
macroéconomiques et d'avertissements sur résultats, qui vont probablement être
de plus en plus nombreux" au fur et à mesure que la saison des résultats
approche.
Mais avant tout, les investisseurs devraient chercher à déterminer si
l'économie américaine est tombée ou non en récession au premier trimestre, après
une croissance minime de 0,6% au quatrième trimestre.
"De notre point de vue, l'économie semble avoir glissé en récession",
avancent d'ores et déjà les analystes de Lehman Brothers, qui comptent seulement
sur "un faible rétablissement en 2009".
Les indicateurs d'activité, avec les indices ISM de l'industrie et des
services mardi et jeudi, mais surtout les chiffres sur l'emploi vendredi,
pourraient venir à confirmer ce point de vue majoritairement partagé par les
économistes.
Après déjà deux mois consécutifs de destruction d'emplois en janvier et
février, "on devrait avoir encore un autre faible rapport sur l'emploi, avec des
pertes d'emplois et une progression du taux de chômage", pronostiquent les
analystes de Lehman Brothers.
"Et la hausse du chômage devrait continuer à peser sur la croissance des
salaires, ajoutant, en plus de la chute de l'immobilier et des prix élevés de
l'énergie, aux pressions qui pèsent sur les consommateurs, ajoutent-ils.
Or la chute de la consommation ôterait à l'économie américaine sa plus
grande source de croissance, ce qui affecte à son tour le marché de l'emploi et
déclenche le cercle vicieux d'une économie qui se contracte.
Par ailleurs, d'un point de vue purement technique, la fin du trimestre
pousse généralement les investisseurs à procéder à des réaménagements de leur
portefeuille pour se dégager des positions qui leur font perdre de l'argent.
"On voit normalement un afflux des fonds d'investissement sur le marché
jusqu'au trois premiers jours du nouveau trimestre", note Frederic Dickson,
analyste de DA Davidson & Co.
"Cela pourrait donner au marché un bref coup de pouce", considère-t-il.
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