PARIS (AFX) - La banalisation de la distribution du Livret A,
qui doit être examinée au printemps par le Parlement, coûterait plus d'un
milliard d'euros aux banques françaises, estime le cabinet Sia Conseil dans une
étude publiée lundi.
Produit d'épargne défiscalisé à taux réglementé (3,50%), le Livret A est
actuellement commercialisé par les seules Caisses d'Epargne et Banque Postale.
Le plus gros du fardeau de sa généralisation serait supporté par ces deux
banques en raison notamment de la baisse de leur taux de rémunération, souligne
Sia Conseil. La Banque Postale est actuellement rémunérée à hauteur de 1,3% pour
la collecte des fonds du Livret A et la Caisse d'Epargne à 1%.
En outre, du fait de cette généralisation, les clients des banques
nouvellement distributrices seraient incités à transférer une partie de leurs
dépôts à vue et autres Livrets moins attractifs vers un Livret A, estime Sia
Conseil.
Ces fonds, centralisés par la Caisse des dépôts, "devront être remplacés par
une ressource de marché", ce qui représentera "une perte immédiate évaluée entre
150 et 220 millions d'euros", souligne Sia Conseil.
La Caisse des Dépôts utilise les fonds du Livret A pour effectuer des prêts
avantageux et à long terme aux organismes HLM.
Le gouvernement a proposé que cette centralisation ne se fasse plus qu'à 70%
au lieu de 100% aujourd'hui, afin de permettre aux banques de garder une partie
des encours.
En prenant en compte cette dernière hypothèse, Sia Conseil estime que le
coût final serait de 1,02 milliard pour les banques actuellement distributrices
et de 150 millions pour les autres banques. Cabinet de conseil en management,
Sia Conseil travaille pour la plupart des grands établissements bancaires
français.
La Commission européenne avait donné à Paris jusqu'au 11 février pour
généraliser la distribution des Livrets A. Cette banalisation devrait faire
partie de la loi de modernisation de l'économie qui sera présentée début avril
en Conseil des ministres pour un vote au parlement au printemps.
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