France: les achats automobiles dopent la consommation en février (+1,2%)
(ACTUALISATION)
=(INFOGRAPHIE)=
PARIS (AFX) - Dopées par l'automobile, les dépenses de
consommation des ménages français ont progressé de 1,2% au mois de février,
après un recul de 1,3% en janvier (chiffre révisé de -0,1 point), en données
corrigées des variations saisonnières, a indiqué vendredi l'Insee.
Sur un an, la consommation des produits manufacturés, qui représente environ
un quart de la consommation des ménages en France mais représente un bon
indicateur de la tendance générale, progresse de 3,7%, selon l'Institut national
de la statistique.
Dans le seul champ "commerce" (commerce de détail), ces dépenses de
consommation progressent de 0,2% en février, après +0,3% en décembre.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, s'est réjouie dans un
communiqué de "cette bonne orientation de la consommation en février, qui
confirme que les fondamentaux de notre économie restent sains".
Elle "note avec satisfaction la bonne tenue de la production et de la
consommation dans le secteur automobile depuis l'automne dernier".
La consommation des ménages progresse dans presque tous les secteurs mais
c'est surtout celui des "biens durables" (+3,3% après -4,1% le mois précédent)
qui enregistre la plus forte hausse, sous l'impulsion des achats en automobiles
(+7,5% après -9,2%).
"Ces derniers contribuent ainsi pour 1,1 point à la hausse des dépenses en
produits manufacturés" en février, note l'Insee. Les achats automobiles
enregistrent ainsi une hausse de 11,2% par rapport à février 2007.
"Sur l'ensemble du trimestre, la progression des dépenses de biens
manufacturés tournera autour de 1%. Pas mal dans un environnement marqué par le
recul du moral des ménages et les tensions inflationnistes", relève l'économiste
Nicolas Bouzou (Asterès).
En revanche, les dépenses en biens d'équipement du logement (électronique
grand public, électroménager, meubles) diminuent légèrement (-0,1% après +0,7%
en janvier).
Pour Alexander Law (Xerfi), ce dernier chiffre envoie "un signal plus
inquiétant". "Certes, le glissement annuel reste à très haut niveau (+11,7%),
mais tout semble converger vers un ralentissement durable de ce segment",
estime-t-il, citant des "signes de faiblesse" de l'immobilier et une saturation
du marché de l'équipement du foyer.
Le "textile-cuir" gagne 1,0% en février (+2,7% en janvier à la faveur des
soldes) mais les "autres produits manufacturés" cèdent 0,2% (après -0,6% en
janvier), en baisse de 0,1% sur les douze derniers mois.
"Au final, le chiffre d'ensemble de la consommation des ménages en février
est tout à fait satisfaisant. Mais il ne saurait masquer les inquiétudes qui
persistent, sachant que l'automobile ne rééditera pas son exploit tous les
mois", résume Alexander Law, pour qui le pouvoir d'achat et le moral des ménages
ne plaident pas pour une brusque remontée dans les mois à venir.
"La confiance des ménages et leurs intentions d'achat restent en effet à
leur plus bas historique, plombées par des déterminants toujours mal orientés
(inflation au plus haut depuis 16 ans, refroidissement du marché immobilier,
créations d'emplois probablement moins nombreuses, impact psychologique négatif
des difficultés boursières)", renchérit Mathieu Kaiser (BNP Paribas).
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