AIX-EN-PROVENCE (Bouches-du-Rhône) (AFX) - Le président de
Renault, Carlos Ghosn, s'attend à "une rentrée difficile" sur le marché
automobile français, en raison de la chute de la confiance des consommateurs,
a-t-il affirmé samedi aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
"Il y a une corrélation assez directe entre les ventes de voitures et
l'indice de confiance des consommateurs en France", a souligné M. Ghosn.
Selon lui, "depuis trois mois, l'indice de confiance des consommateurs a
plongé, et la baisse continue, mais les ventes de voiture n'ont pas décroché.
Notre interprétation, c'est qu'elles n'ont pas décroché parce que le bonus-malus
(écologique, ndlr) continue à avoir un effet de bonification" sur les ventes.
"Mais l'expérience montre que ces effets ne durent pas très longtemps. Donc,
je m'attends à une rentrée difficile", a ajouté le PDG de Renault.
Malgré l'envolée des prix des carburants, le marché automobile français
s'est montré solide au premier semestre 2008, avec une hausse de 4,5% des
ventes, portées par le bonus écologique et la sortie de nouveaux modèles.
Evoquant le marché américain, M. Ghosn a ajouté: "Nous nous sommes tous
trompés sur le degré de la récession américaine."
"En début d'année, nous avons fait une prévision de ventes de voitures de
15,2 millions par an aux Etats-Unis. Aujourd'hui, le marché américain, six mois
après le début de l'année, est sur une pente de 14 millions. Ca veut dire qu'on
avait tous tout faux et qu'on avait été trop optimistes, et ce n'est pas
terminé", a-t-il ajouté.
M. Ghosn a aussi indiqué avoir discuté avec le président de la Banque
centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, "de la situation économique en
Europe et de (sa) crainte d'une inflation très forte des coûts sur l'industrie
automobile".
"Je donnais un exemple à M. Trichet, la facture de l'acier pour Renault: en
2008, on paiera 1 milliard (d'euros) de plus qu'il y a trois ans, c'est à peu
près 50% de la totalité du profit de Renault", a-t-il souligné.
"Pour l'année prochaine on s'attend à payer la même chose: 1 milliard
d'euros en un an", a-t-il poursuivi.
"L'augmentation des coûts, au lieu de passer par un pic, est en train de
s'accélérer, et ça, pour l'instant, les consommateurs n'en ont vu qu'une petite
partie", a-t-il jugé.
"Jusqu'à maintenant, les constructeurs automobiles ont absorbé les
augmentations du coût de l'acier et de l'aluminium parce qu'il y a des
surcapacités. Mais ça va devenir intenable et, petit à petit, les augmentations
de prix vont passer sur les marchés et déprimer les marchés", a-t-il
pronostiqué.
Le groupe automobile a déjà augmenté ses tarifs "en moyenne de 1,5%" en juin
pour répercuter la hausse des matières premières. Le constructeur absorbait
jusqu'à présent l'essentiel de cet impact en comprimant ses marges
bénéficiaires.
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