BONNEVILLE (Haute-Savoie) (AFX) - Deux cadres d'un hypermarché
Carrefour à Sallanches (Haute-Savoie) ont été condamnés jeudi à 6 mois de prison
avec sursis par le tribunal correctionnel de Bonneville pour harcèlement moral à
l'encontre d'un salarié du magasin.
Le procureur de la République Michel Belin, qui avait qualifié le
comportement des prévenus de "vicieux" et "pervers", avait requis huit mois
d'emprisonnement avec sursis contre Christian Rivat, un chef de secteur de 47
ans et six mois avec sursis contre le directeur de l'hypermarché de l'époque
Victor Massacrier, 56 ans.
Les deux cadres étaient poursuivis pour avoir harcelé de septembre 2001 à
mai 2002 un chef de rayon, Stéphane Tagliavacca, 40 ans, qui s'était vu
prescrire un arrêt de travail de plus d'un an que la Sécurité sociale a attribué
à sa situation de "stress au travail" et de "harcèlement moral".
Le harcèlement moral, un délit souvent difficile à établir, est puni par une
peine pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement.
"Je suis très heureux puisqu'il a été prouvé que j'ai été harcelé. J'avais
confiance en la justice. Cela fait 7 ans que je me bats pour ce jugement. Et je
peux annoncer que je vais maintenant porter plainte contre mon employeur pour
faute inexcusable", a indiqué M. Tagliavacca, à la sortie du palais de justice.
L'avocat du chef de secteur Christian Rivat, Me Bernard Chambel, a pour sa
part indiqué que son client allait réfléchir à un appel, ajoutant que " cette
décision était surprenante car pour nous le délit n'était pas constitué".
M. Tagliavacca reprochait à son supérieur hiérarchique de chercher à lui
nuire continuellement, le suivant partout même "à la porte des toilettes",
l'espionnant sans arrêt, lui supprimant des congés et l'appelant régulièrement
chez lui pour lui demander de rendre des comptes.
Selon lui, le directeur de l'hypermarché, par la suite licencié en 2003,
relayait ensuite les reproches du chef de secteur en le convoquant
régulièrement.
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