Irak: le sabotage d'un oléoduc relance les craintes sur les terminaux
LONDRES (AFX) - La perte après le sabotage d'un oléoduc près
de Bassorah pourrait se limiter à 100.000 barils pendant deux ou trois jours, le
temps de réparer, mais l'attaque d'un terminal pourrait avoir un impact
considérable sur les exportations et les prix du pétrole, craignent des
experts.
"L'oléoduc transporte du brut des champs de Zubeir 1 vers le dépôt de Fao.
Cela affecte directement nos exportations", a indiqué à l' Samir Maksoussi,
le porte-parole de la South Oil Company qui exploite les champs de pétrole dans
cette région.
Le feu a pu être éteint et "l'équipe technique aura besoin de 48 à 72 heures
pour effectuer les réparations sur l'oléoduc", a-t-il ajouté.
"Il s'agit du plus gros oléoduc alimentant le terminal d'exportation de
Bassorah et l'incident aura probablement pour conséquence de perturber gravement
les exportations irakiennes", ont commenté à Londres les analystes de la banque
Barclays Capital.
"Dans le Sud, la violence n'avait encore jamais atteint le niveau où elle se
trouve maintenant, la menace (sur la production d'or noir) est clairement montée
d'un cran", admet également Samuel Ciszuk, spécialiste du Moyen-Orient pour le
cabinet d'analyse Global Insight.
Cependant, pour lui l'impact de ce sabotage pourrait être "sans grande
conséquence" si les travaux de réparation étaient effectués en deux ou trois
jours, comme l'assure la Southern Oil Company.
"Le champ pétrolier de Zubair produit 130.000 barils par jour environ. Ce
sont au maximum 130.000 barils par jour au maximum qui ne peuvent atteindre le
terminal d'exportation", explique-t-il. En attendant, ajoute-t-il, le
gouvernement irakien peut puiser dans les réservoirs près de Bassorah pour
assurer les livraisons.
Plus que les dégâts de mercredi, les experts pétroliers redoutent que
d'autres attaques ne ciblent les terminaux pétroliers. "Si l'un des principaux
terminaux d'exportation de la région était touchés, cela créerait des dégâts
substantiels et les réparations prendraient du temps", estime ainsi Samuel
Ciszuk, précisant qu'un terminal est un ensemble complexe de machines, bien plus
complexe à remettre en marche qu'un oléoduc.
Cependant, "même à la période la plus sombre des violences en Irak, aucune
attaque n'a réussi à toucher un champ pétrolier ou un terminal d'export", des
cibles étroitement gardées par les troupes américaines, britanniques et
irakiennes, observait-il.
"Par le passé, la fermeture de la station de pompage Zubeir 1 a débouché sur
la suspension des exportations en provenance du Sud (qui s'établissent
actuellement à hauteur de 1,6 million de barils par jour)", s'inquiétent de leur
côté les analystes de Barclays Capital, ajoutant que ce scénario "restait très
possible", d'autant que "l'extrême insécurité de la région rendra difficile
l'accès au terminal et sa réparation".
"Les problèmes géopolitiques non résolus en Irak pourraient potentiellement
jouer un plus grand rôle, sachant que la contraction des stocks mondiaux de
pétrole brut et de la capacité excédentaire (de production) a rendu le marché
plus vulnérable aux chocs d'offre", ajoutent-ils.
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