WASHINGTON (AFX) - La banque américaine JPMorgan Chase
envisage de quintupler le montant de son offre sur sa consoeur Bear Stearns et
négocie actuellement avec son conseil d'administration l'acquisition immédiate
de 39,5% du capital de la banque d'affaires, rapporte lundi le New York Times.
Selon le quotidien, JPMorgan pourrait proposer 10 dollars par action, au
lieu de 2 dollars initialement, valorisant Bear Stearns 1,36 milliard de
dollars.
Le titre cotait 5,96 dollars jeudi à la clôture à Wall Street.
Le relèvement du prix proposé viserait à satisfaire les actionnaires de Bear
Stearns, dont certains étaient susceptibles de voter contre l'offre, la jugeant
insuffisante.
L'un des principaux actionnaires, l'investisseur Joseph Lewis, qui détient
8,9% du capital, a notamment indiqué vouloir "protéger la valeur de ses
investissements", se réservant la possibilité de "communiquer avec des tiers"
(d'autres acheteurs potentiels).
La Réserve fédérale américaine (Fed), qui a piloté le sauvetage de Bear
Stearns, aurait émis des réserves quant au relèvement du prix, selon le
quotidien. Un refus de sa part pourrait faire capoter l'opération.
Mais, selon la chaîne financière CNBC, qui cite un haut responsable anonyme
de la banque centrale, la Fed ne serait pas impliquée dans la définition du prix
de l'offre.
Néanmoins, la banque centrale américaine négocierait encore les détails du
prêt exceptionnel accordé à Bear Stearns par le biais de JPMorgan et
n'entendrait accorder effectivement ce prêt qu'une fois le rachat finalisé.
La banque de Réserve fédérale de New York --l'intermédiaire entre la banque
centrale américaine et les marchés-- s'est engagée, le 14 mars, à prêter jusqu'à
30 milliards de dollars à Bear Stearns.
Le marché semblait prêter quelque crédit au scénario évoqué par le New York
Times, le prix de l'action Bear Stearns grimpant en flèche de 56% à 9,30 dollars
vers 12H15 GMT dans les échanges électroniques préalables à l'ouverture de la
Bourse de New York.
Le New York Times indique également que le conseil d'administration de Bear
Stearns pourrait profiter de la possibilité que lui offre la législation du
Delaware (nord-est), dont dépend la banque, de vendre 39,5% du capital sans
l'accord des actionnaires.
Il ne resterait plus, dès lors, à JPMorgan qu'à obtenir le soutien
d'actionnaires représentant un peu plus de 10,5% du capital pour prendre le
contrôle de Bear Stearns.
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