FRANCFORT (Allemagne) (AFX) - L'essoufflement de l'économie
mondiale va peser sur l'Allemagne, traditionnellement très exportatrice, estime
mercredi le Fonds monétaire international (FMI), qui confirme un abaissement de
sa prévision de croissance à 1,5% pour 2008.
Le ministère de l'Economie avait déjà vendu la mèche vendredi. Dans ses
prévisions d'octobre, le FMI tablait encore sur 2% de croissance du Produit
intérieur brut pour la première économie de la zone euro cette année, après 2,5%
l'an dernier.
"Le ralentissement de l'économie américaine et un affaiblissement du
commerce mondial abaissent la croissance du PIB étant donné la forte dépendance
de l'Allemagne avec l'extérieur", écrit le Fonds dans un rapport diffusé sur son
site internet.
Et dans une moindre mesure, la vigueur de l'euro et le pétrole cher freinent
la production industrielle de la première économie de la zone euro,
ajoute-t-il.
La nouvelle prévision du FMI est en-deçà de l'estimation de Berlin (1,7%),
ainsi que de celle de la Bundesbank et de la Commission européenne, qui
attendent toutes deux 1,6%.
Comme le gouvernement allemand, le Fonds juge néanmoins le terrain favorable
à un décollage de la consommation grâce à la montée de l'emploi et à des hausses
de salaires plus conséquentes cette année.
Il a salué les efforts de l'Allemagne en matière d'assainissement des
finances publiques, revenues à l'équilibre l'an passé, après six ans dans le
rouge.
Il l'a félicitée pour le renforcement de sa compétitivité ces dernières
années grâce à sa politique de réformes structurelles, notamment du marché du
travail, mais enjoint les pouvoirs publics à ne pas relâcher leurs efforts.
Au-delà, il a recommendé à l'Allemagne "un effort coordonné pour augmenter
son potentiel de croissance", estimé par le Fonds entre 1,5 et 1,75%. Un taux
appelé à se réduire étant donné le vieillissement de la population.
"Les pénuries de qualification doivent être combattues par des progrès dans
les domaines de l'éducation et de l'apprentissage, mais aussi par un
encouragement à l'immigration de travailleurs qualifiés", écrit le FMI.
Le débat d'une plus grande ouverture du marché du travail à une
main-d'oeuvre étrangère qualifiée est récurrent dans le pays.
La première économie de la zone euro est particulièrement méfiante, en
raison de sa situation géographique, face aux risques de dumping salarial si une
main-d'oeuvre bon marché venait à affluer chez elle, notamment en provenance
d'Europe de l'est.
Berlin a déjà été obligé d'infléchir sa position, en raison de la pénurie de
main-d'oeuvre qualifiée qui touche de nombreuses entreprises allemandes.
Mais le ministre allemand du Travail Olaf Scholz a encore récemment indiqué
être favorable à une prolongation jusqu'en 2011 des restrictions que l'Allemagne
impose aux travailleurs venus de l'ex-bloc communiste.
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