MILAN (Italie) (AFX) - L'Italie s'est retrouvée en queue de
peloton pour la croissance en 2007 derrière ses principaux concurrents européens
et aucune amélioration n'est en vue, en raison notamment de la crise mondiale,
selon les statistiques officielles publiées vendredi.
Avec une croissance à 1,5% pour 2007, largement en-dessous des prévisions,
le pays entre dans une période de fortes turbulences, alors qu'il est en pleine
campagne électorale.
La croissance italienne enregistre un net ralentissement par rapport aux
autres puissances industrielles. L'activité a augmenté de 2,9% au Royaume-Uni,
de 2,5% en Allemagne, de 2,2% aux Etats-Unis, de 2,1% au Japon et de 1,9% en
France, souligne l'institut national italien des statistiques (Istat).
La baisse de la production industrielle en décembre, tout comme la
détérioration du climat de confiance des industriels expliquent cette
décélération.
"Le cadre de l'économie mondiale va en empirant et même pour l'Italie une
phase délicate s'est ouverte", a reconnu le ministre de l'Economie Tommaso
Padoa-Schioppa.
Cette situation critique est encore accentuée par la hausse de l'inflation,
qui a atteint +2,9% sur un an en janvier et en février, soit son niveau le plus
haut depuis juillet 2001.
"Ces deux données photographient la stagflation de notre économie. Les
signes de reprise, qui s'étaient vérifiés en 2006-2007, risquent de succomber
sous le poids de la très mauvaise conjoncture internationale et d'une absence de
soutien interne structurel et conjoncturel", commente Marigia Maulucci de la
Cgil, principale confédération de gauche du pays.
Et les prévisions ne semblent guère annoncer une inversion de tendance.
"Sans chocs externes particuliers, nous prévoyons à moyen terme une
détérioration avec une croissance entre 1,1% et 1,4%. Mais en cas de forte
récession en Europe avec la crise des +subprimes+, la restriction des crédits et
un impact négatif sur les investissements, l'Italie serait le pays le plus à
risque et probablement le premier à être touché", analyse Vladimir Pillonca de
Morgan Stanley.
"Même si les données ne sont pas encore définitives, cette croissance de
1,5% confirme le ralentissement de l'économie. Un ralentissement dû en
particulier à la réduction de la consommation des ménages et à la croissance
très faible de leurs revenus", explique Giovanni Ajassa, responsable du service
études de BNL (PNB Paribas).
"Pour 2008, nous prévoyons une croissance guère supérieure à 0,4%. Il faut
souligner toutefois la bonne performance des exportations italiennes, qui ont
progressé en volume de 5% en 2007. Cela montre une bonne réactivité des
entrepreneurs italiens par rapport à la rude concurrence internationale alors
qu'ils doivent composer avec une importante hausse des matières premières et un
euro fort," poursuit l'énonomiste.
Autre consolation pour la péninsule, la forte réduction du déficit public,
qui s'est élevé en 2007 à 1,9% du produit intérieur brut (PIB), soit le niveau
le plus bas enregistré depuis 2000, et qui permet à Rome de redevenir un bon
élève de Bruxelles.
dmu/fmi/az
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