WASHINGTON (AFX) - La Banque mondiale (BM) et l'institution
financière britannique Standard Chartered ont annoncé jeudi le lancement d'une
obligation adossée à un portefeuille de micro-crédits en Afrique et en Asie.
Ce produit, le premier jamais mis sur le marché selon ses émetteurs, "fera
du micro-crédit une catégorie d'actif" comme les autres pour les investisseurs,
ont indiqué la Société financière internationale (SFI, filiale de la BM), et
Standard Chartered, dans un communiqué commun.
Le micro-crédit, projeté au-devant de l'actualité par l'attribution en
octobre 2006 du Prix Nobel de la Paix au Bangladais Muhammad Yunus, consiste
dans le fait à prêter de faibles sommes, en moyenne 100 dollars, sans demander
de garantie collatérale.
Il permet à des personnes pauvres de démarrer ou poursuivre des activités
commerciales comme la vente de nourriture ou celle de produits faits à la main.
"Cette opération va débloquer de nouveaux financements pour le
micro-crédit", a jugé Peter Sands, PDG de Standard Chartred.
En 2006, l'établissement financier britannique, dont les activités sont
essentiellement tournées vers l'Asie, s'est engagé à consacrer 500 millions de
dollars sur cinq ans au micro-crédit. Il soutient 48 institutions spécialisées
dans le micro financement dans 15 pays, au bénéfice d'1,2 million d'individus,
en majorité des femmes. L'encours de son portefeuille s'élève aujourd'hui à 180
millions de dollars, selon le communiqué.
En plus d'apporter sa garantie, SFI investira 45 millions de dollars dans
l'opération, est-il précisé.
Depuis son arrivée à la tête de la Banque mondiale, en juillet 2007, Robert
Zoellick, ancien membre de la banque d'affaires Goldman Sachs, a régulièrement
insisté sur sa volonté d'accroître les liens entre la BM et le secteur privé,
soutenant la création de produits financiers innovants, notamment dans le
secteur obligataire.
Fin octobre, la SFI a annoncé le lancement d'un fonds d'investissement dans
les obligations émises par les pays émergents en devises locales afin de leur
apporter de nouvelles ressources financières.
Doté initialement de 5 milliards de dollars, ce fonds, appelé GEMLOC (Global
Emerging Markets Local Currency Bond Fund), a été créé en collaboration avec
Pimco, filiale américaine d'Allianz, et l'un des plus gros spécialistes mondiaux
de l'investissement obligataire.
Peu après avoir reçu le prix Nobel, en octobre 2006, Muhammad Yunus,
surnommé le "banquier des pauvres", avait critiqué le manque d'engagement de la
BM dans le domaine du micro-financement à laquelle l'organisation ne consacrait
alors, selon lui, qu'une part très insuffisante de son budget.
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