La Bourse de Paris en hausse (+1,43%), ignorant EADS et mauvaises nouvelles
PARIS (AFX) - La Bourse de Paris était en nette hausse mardi à
la mi-séance, le CAC 40 prenant 1,43%, indifférent aux mauvaises nouvelles qui
continuent d'arriver en provenance du marché financier comme à la confirmation
par l'AMF de soupçons de délits d'initiés dans l'affaire EADS.
A 11H48 (9H48 GMT), l'indice parisien vedette prenait 67,20 points à
4.774,27 points, dans un volume d'échanges de 1,6 milliard d'euros.
Londres gagnait 0,87%, Francfort 1,44% et l'Eurostoxx 50 1,62%.
Le début de séance était pourtant marqué par plusieurs mauvaises nouvelles
dans le secteur financier, avec les nouvelles dépréciations annoncées par la
banque suisse UBS et l'avertissement sur résultats de Deutsche Bank.
Mais après avoir ouvert en légère baisse, le CAC s'est immédiatement orienté
à la hausse.
"Cela peut surprendre, mais les marchés actions sont des marchés
d'anticipation. Or, sauf catastrophe majeure, les subprime sont derrière nous et
cette affaire est un petit peu en train d'être passée par pertes et profits", a
expliqué Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert.
"On a l'impression depuis une quinzaine de jours que l'on a quitté ce marché
baissier. Ca n'est pas encore un marché haussier mais il n'y a plus de vent de
panique et on est passé d'une marge 4.500/4.700 points à une marge 4.750/5.000
points, un retour vers ce seuil semblant techniquement possible assez
rapidement", a-t-il ajouté.
Les investisseurs n'ont pas non plus été émus par le communiqué de
l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui a annoncé avoir "notifié des
griefs" à plusieurs personnes dans le cadre de son enquête sur l'affaire du
délit d'initiés éventuel chez EADS.
Du côté des statistiques, les investisseurs ont noté la légère baisse de
l'indice PMI du secteur manufacturier en mars en zone euro. Ils attendent encore
l'indice ISM de l'activité industrielle au mois de mars aux Etats-Unis, à 16H00
(14H00 GMT).
"On sait que le premier trimestre est pourri, ça aussi c'est intégré", a
déclaré M. Rozier. Selon lui, il s'agit désormais de "regarder l'efficacité des
politiques de relance aux Etats-Unis et la capacité des économies réelles à
absorber la crise financière et rebondir".
Les valeurs bancaires comme BNP PARIBAS (+4,07% à 66,49 euros), SOCIETE
GENERALE (+4,58% à 64,86 euros), ou NATIXIS (+5,69% à 10,77 euros) sont en
hausse malgré les nouvelles dépréciations annoncées par UBS et l'avertissement
sur résultats de Deutsche Bank.
"Les problèmes d'UBS étaient dans les tuyaux et sont intégrés dans les
cours. Des dépréciations et une recapitalisation, c'est mieux qu'une faillite,
que l'on craignait il y a peu. Cela apparaît donc presque comme une bonne
nouvelle", a expliqué M. Rozier.
EADS (+1,93% à 15,30 euros) et LAGARDERE (+2,09% à 48,35 euros) ne sont pas
pénalisés par les premières révélations de l'AMF.
"D'un point de vue boursier, ça n'a pas beaucoup d'impact. Cela peut poser
un problème en termes d'image mais, en ce qui concerne EADS, on regarde plus
l'évolution du dollar", a déclaré le conseiller de gestion.
PERNOD-RICARD (+3,74% à 67,60 euros) rebondit après avoir perdu 4,30% lundi
suite à l'acquisition de Vin & Sprits Group pour 5,6 milliards d'euros. L'agence
de notation Standard and Poor's a révisé en baisse à "négative" contre "stable"
auparavant sa perspective de notes et Moody's a placé ses notes sous
surveillance négative.
ESSILOR (-0,70% à 41,10 euros): Cheuvreux a retiré le titre de sa liste de
valeurs préférées et a abaissé sa recommandation à "sous-performer".
SOITEC (+7,71% à 4,89 euros) et STMICROELECTRONICS (+2,82% à 6,93 euros)
montent dans la foulée de Samsung, qui a fortement progressé en Asie après des
informations faisant état d'une possible hausse des prix de ces
microprocesseurs.
UBISOFT (+6,69% à 58,22 euros) grimpe après avoir annoncé une nouvelle
révision à la hausse de ses objectifs de chiffre d'affaires et de rentabilité
pour son exercice 2007-2008 (clos lundi), en raison de "la solide performance"
de ses titres.
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