La CGT mobilise dans les ports contre la réforme en préparation (PAPIER
GENERAL)
PARIS (AFX) - L'appel à la grève de la CGT des ports et docks
contre la réforme des ports annoncée en janvier par le gouvernement, était bien
suivi mercredi, en particulier à Marseille-Fos et au Havre, où l'activité
portuaire était à l'arrêt.
"La grève est largement suivie, à la fois chez les dockers et les personnels
des établissements portuaires", a déclaré à l' la fédération CGT des ports et
docks, premier syndicat du secteur.
A Marseille-Fos, la direction du Port autonome a confirmé que l'activité
portuaire était à l'arrêt et les grévistes ont installé des barrages filtrants
sur les terminaux à conteneurs.
Dans les bassins ouest à Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône), quelque 400
personnes, selon la CGT, filtraient les accès au terminal à conteneurs de
Fos-Graveleau.
Le plan de relance des ports français annoncé début janvier par le
gouvernement prévoit une reprise des investissements de l'Etat, un recentrage
des ports autonomes sur leurs missions régaliennes et la poursuite du transfert
vers le privé des terminaux et de leurs personnels.
Les grutiers et conducteuts de portiques s'opposent en particulier au
transfert au privé des activités de manutention. Ils ont reçu le soutien des
dockers, dont l'activité a été privatisée en juin 1992 et qui dépendent
maintenant des entreprises de manutention.
Au Havre, l'activité était également fortement perturbée du fait d'un arrêt
de la manutention sur tous les terminaux à conteneurs, selon la direction du
port.
A Nantes-Saint-Nazaire, "il n'y a pas d'exploitation sur le port
aujourd'hui", a indiqué à l' , Yves Tual de la CGT. Selon lui, 300 personnels
(ouvriers, grutiers, administratifs et techniques) étaient mobilisés, et 200
dockers en grève.
A Dunkerque, seule la partie est du port était touchée par l'appel à la
grève de la CGT, selon la direction et le syndicat. Deux pétroliers étaient
bloqués à quai, deux autres en attente au mouillage et six ou sept autres
navires vont avoir des délais d'attente "prolongés", selon la direction.
L'activité transmanche n'était pas affectée et, à Calais, la grève n'avait
"pratiquement aucune incidence" sur le trafic.
Une réunion nationale devait se tenir dans l'après-midi au secrétariat
d'Etat aux Transports, à La Défense, avec la CGT, le patronat (Unim et Upaccim),
ainsi qu'Yves Cousquer, désigné par Dominique Bussereau comme "facilitateur" du
dialogue.
"On va mesurer la volonté des acteurs d'engager de vraies négociations", a
déclaré à l' Daniel Lefebvre, secrétaire général de la CGT ports et docks.
"On est prêt à avoir des ambitions pour les ports français, mais pas d'accord
avec une dérèglementation totale", a-t-il expliqué.
"On ne sait pas où va s'arrêter la réforme, donc, dans le doute, les dockers
sont aussi mobilisés", a-t-il ajouté.
D'après lui, le gouvernement est "moins catégorique sur le transfert" du
reste des personnels qu'en janvier car "il sait que si ce transfert est inscrit
dans son projet de loi au printemps, il s'expose à de gros problèmes".
La CGT est "favorable à un commandement unique (pour les dockers, grutiers
et conducteurs de portiques), une organisation du travail harmonisée, et prête à
une évolution des textes conventionnels", convention de la manutention portuaire
régissant les relations entre dockers et entreprises d'un côté, convention
collective "verte" s'appliquant aux salariés de droit privé des établissements
publics (ports autonomes et chambres de commerce et d'industrie) de l'autre.
"Nous allons chercher à établir des passerelles et un chapeau commun", afin
d'harmoniser les temps de salaires et les salaires, a résumé M. Lefebvre.
bur-reb/jba/bfi
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