PARIS (AFX) - La France figure parmi les pays européens qui
résistent le mieux à la crise, a estimé mercredi le ministre du Budget Eric
Woerth, jugeant "réaliste" la prévision de croissance en baisse.
"La France est un des pays européens qui résistent le mieux, et ça va
continuer", a-t-il affirmé à la sortie du Conseil des ministres.
Interrogé sur la baisse de la prévision de croissance pour 2008 annoncée par
le Premier ministre François Fillon dans un entretien à l'hebdomadaire L'Express
("entre 1,7 et 2%"), M. Woerth l'a jugée "fondée sur la plupart des perspectives
annoncées par la plupart des économistes, donc c'est une prévision réaliste".
"Ce n'est pas plus inquiétant que cela, c'est réaliste", a-t-il insisté :
"On est dans un monde réel, donc on les amende (les prévisions), et en même
temps, la France est un pays qui tient bien devant la crise mondiale qu'on
connaît aujourd'hui".
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a souligné durant le conseil
que la révision des chiffres de la croissance prend en compte un "environnement
international tendu" mais aussi "des indicateurs de l'économie française qui
sont positifs", a rapporté devant la presse le porte-parole du gouvernement, Luc
Chatel.
Elle a cité la consommation des ménages, l'augmentation de la production des
biens manufacturés, l'indice du moral des industriels, les chiffres de la
création d'emplois, de la création et des reprises d'entreprises, et ceux du
chômage "historiquement bas", a-t-il ajouté.
"Nous considérons que la France a fait avant les autres de bons choix en
matière de politique économique" dès l'été 2007, a indiqué M. Chatel.
Il a par ailleurs réaffirmé que "l'objectif de l'équilibre des finances
publiques à l'horizon 2012 reste une priorité forte".
"Nous avons tenu sur les dépenses", a-t-il dit.
Pour autant, "le gouvernement n'a pas renoncé à la baisse des impôts", a
affirmé M. Chatel. "Une des premières mesures qui a été votée par le Parlement
cet été a été précisément les baisses d'impôts", a-t-il dit en citant la
suppression "pour 95% des Français des droits de succession, la "mesure sur les
intérêts d'emprunts" immobiliers, et "la possibilité de travailler plus sans
charges".
François Fillon a reconnu que le montant des déficits publics en 2007 "sera
sans doute un peu supérieur aux 2,4% du produit intérieur brut initialement
prévus" et que le gouvernement devra donc "nécessairement" réviser son objectif
pour 2008, fixé à 2,3%.
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