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ATTENTION - avec réactions et précisions ///
PARIS (AFX) - La croissance française a accéléré au premier
trimestre, avec une progression de 0,6%, supérieure aux prévisions malgré un
contexte de crise financière mondiale, et a également été revue à la hausse sur
l'ensemble de 2007.
L'Insee a annoncé jeudi que le PIB de la France avait augmenté l'an dernier
de 2,1%, contre 1,9% initialement (en données corrigées du nombre de jours
ouvrables), et même de 2,2% en données brutes, chiffre retenu par Bercy.
Grâce à ces bons résultats, l'acquis de croissance, c'est-à-dire le niveau
dont on est sûr qu'il sera atteint sauf récession au cours des trimestres
suivants, s'établit à 1,4% à fin mars, selon la première estimation de l'Insee.
"Nos prévisions officielles de croissance pour 2008, entre 1,7 et 2%, sont
bien confortées", a "jubilé" la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
"Les chiffres de la croissance montrent que l'économie française, dans un
climat international très difficile, résiste très bien", a déclaré le Premier
ministre, François Fillon, estimant que "la politique économique conduite par le
gouvernement est la bonne".
Le président Nicolas Sarkozy a estimé que ces résultats "traduisent l'impact
des mesures prises (...) par le gouvernement en faveur du travail, de l'emploi
et du pouvoir d'achat" et "témoignent de la nécessité de maintenir ce cap".
Mais pour Didier Migaud, le président (PS) de la commission des Finances de
l'Assemblée nationale, "il n'y a malheureusement aucune raison de jubiler" car
"la croissance française en 2007 est très sensiblement inférieure à celle de la
zone euro (2,6%, ndlr) et de l'Union européenne".
Selon l'économiste Nicolas Bouzou (Asterès), si les chiffres confirment "la
résilience de l'économie française", "les effets de la politique économique
menée depuis mai dernier" sont "difficilement visibles". Ainsi "la
défiscalisation des heures supplémentaires n'a pas empêché la consommation des
ménages de freiner fortement" (+0,1% seulement au premier trimestre contre +0,6%
au trimestre précédent), dit-il.
Contrairement aux ménages, qui étaient jusqu'à présent le principal moteur
de l'économie française mais qui sont désormais pénalisés par l'inflation, les
entreprises ont fortement contribué à la croissance au premier trimestre, à la
fois par leurs investissements (+1,8%) et les exportations (+3,1%).
"Loin de nous rassurer complètement, les comptes du premier trimestre
servent plutôt de miroir déformant de la réalité économique française", juge
Alexander Law, du cabinet Xerfi.
"Nous sommes désormais rentrés dans une zone de forte turbulence et le
deuxième trimestre devrait être nettement moins bon", prévient-il, tandis que
Marc Touati (Global Equities) estime que "le plus dur reste à venir".
Malgré ces chiffres meilleurs que prévu, l'économie française reste en effet
en-deçà de la moyenne de la zone euro, dont le PIB a progressé de 0,7% au
premier trimestre, et fait pâle figure comparé à celle de l'Allemagne, où le PIB
a bondi de 1,5% sur la même période.
Et si la révision à la hausse de la croissance 2007 permet à la France de
réduire sa dette publique (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) à
63,9% du PIB en 2007, contre 64,2% précédemment, le déficit se maintient à 2,7%
du PIB, très proche de la limite de 3% prévue dans le pacte de stabilité de
l'Union européenne.
Trop proche même pour la Commission européenne, qui prévoit que le déficit
de la France atteindra 2,9% cette année et 3% l'an prochain et s'apprête à
lancer une mise en garde à Paris.
Mme Lagarde, elle, est bien décidée à obtenir de Bruxelles la révision de
ces prévisions "outrageusement pessimistes".
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