LONDRES (AFX) - La compagnie minière kazakhe Kazakhmys a annoncé
vendredi que son conseil d'administration avait rejeté "à l'unanimité" une
proposition informelle de rachat émanant de sa compatriote Eurasian Natural
Resources Corp (ENRC), cotée comme elle à la Bourse de Londres.
Kazakhmys s'est contentée d'ajouter, dans un communiqué très bref diffusé
juste avant la clôture de la Bourse de Londres, que cette proposition consistait
en une offre d'achat et d'échange (1.022 pence en numéraire, plus 0,413 actions
ENRC par titre Kazakhmys) équivalant à 1.550 pence par action, "ce qui est très
en dessous du cours de Bourse actuel".
Dans la foulée de cette annonce, le cours de Kazakhmys a d'ailleurs terminé
la séance en chute de 6,69% à 1.786 pence, tandis que celui d'ENRC progressait
au contraire de 1,48% à 1.307 pence.
A la demande de Kazakhmys, le régulateur britannique des
fusions-acquisitions, le Takeover Panel, avait donné début avril jusqu'au 16 mai
à ENRC pour lancer ou non une offre sur sa compatriote, sur fond d'intenses
spéculations lui prêtant l'intention de lancer une OPA.
Ces spéculations avaient été nourries par la révélation de discussions entre
les deux compagnies. ENRC avait en effet déclaré le 12 mars avoir tenu des
discussions informelles avec Kazakhmys comme avec d'autres sociétés du secteur,
tout en précisant qu'il ne lui avait fait aucune proposition d'acquisition.
ENRC avait précisé plus tard ces discussions n'étaient qu'une de ses
"opportunités stratégiques" en cours d'étude.
ENRC n'a fait son entrée à la Bourse de Londres qu'en décembre 2007, mais
elle a été rapidement intégré au sein de l'indice des valeurs vedettes de la
place, le Footsie-100, ce qui a fait fortement grimper son cours de Bourse et
lui a permis de dépasser largement Kazakhmys en termes de capitalisation
boursière (près de 17 milliards de livres pour ENRC contre plus de 8 milliards
pour Kazakhmys actuellement).
Kazakhmys, premier producteur de cuivre du Kazakhstan, détient lui-même près
de 15% du capital d'ENRC, laquelle est l'un des premiers producteurs mondiaux de
ferrochrome (alliage de fer et de chrome).
Les spéculations sur un rapprochement des deux groupes interviennent en
pleine course à la consolidation du secteur minier, sur fond d'envolée mondiale
des cours des matières premières, avec notamment les discussions récemment
avortées entre le brésilien Vale et l'anglo-suisse Xstrata, et la tentative de
rachat hostile de l'anglo-australien Rio Tinto par son compatriote BHP
Billiton.
fpo/jpr
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