BRUXELLES (AFX) - Les ministres des Finances de la zone euro
ont appelé mardi soir à "la plus grande orthodoxie" budgétaire, au moment où les
déficits français et italiens se creusent, mais semblent revenir progressivement
sur l'objectif d'un retour à l'équilibre pour tous en 2010.
Après les progrès réalisés en 2007, "nous voyons des risques" que "cette
politique vertueuse" ne soit pas poursuivie en 2008, a déclaré le président de
l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker à la presse, à l'issue d'une réunion de ce
forum des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.
"Ce qui fait que nous avons insisté auprès de nos collègues pour qu'ils
exécutent les budgets 2008 avec la plus grande orthodoxie possible" et qu'ils
préparent ceux de 2009 dans le même état d'esprit, a-t-il ajouté.
Cette remarque s'adresse implicitement en particulier à des pays comme la
France ou l'Italie, où les déficits commencent à déraper vers les limites
maximales tolérées dans l'UE.
Dans une déclaration commune adoptée mardi soir, les ministres des Finances
soulignent que "la majorité des Etats membres ont atteint leur objectif à moyen
terme" d'équilibre des finances publiques, et que "l'atteindre d'ici 2010,
devrait être à la portée de la plupart des autres".
Mais, alors que les pays de la zone euro s'étaient engagés en avril 2007 à
Berlin à ce que tous les Etats parviennent à l'équilibre budgétaire "au plus
tard en 2010", ils ne parlent plus explicitement dans leur déclaration de cet
objectif comme d'une obligation impérative pour tous.
"Plus personne ne croit que les pays de la zone euro seront tous à
l'équilibre en 2010", a commenté une source européenne.
Dans leur déclaration, les pays de la zone euro appellent ceux d'entre-eux
qui n'ont pas atteint l'objectif "zéro déficit" à faire des "efforts".
"Dans certains pays, il est nécessaire de faire preuve d'une plus grande
ambition pour progresser de manière substantielle vers l'objectif à moyen
terme", ajoutent-ils, sans citer de noms.
Mais la France est tout particulièrement dans le collimateur de la
Commission européenne. Bruxelles pourrait la rappeler à l'ordre prochainement en
raison du creusement jugé "préoccupant" de ses déficits, juste avant qu'elle ne
commence à présider l'UE pour six mois en juillet.
Selon les dernières prévisions de la Commission, datant de fin avril, la
France se rapproche de la limite maximale de 3% du Produit intérieur brut (PIB)
tolérée dans l'UE pour le déficit public annuel. Elle devrait atteindre 2,9%
cette année, puis 3% en 2009, selon Bruxelles.
Quant à l'Italie de Silvio Berlusconi et au Portugal, ils sont menacés par
un possible nouveau dérapage de leurs comptes, ce qui a poussé la Commission à
les mettre en garde.
Selon Bruxelles, le déficit devrait se creuser à 2,6% en 2009 au Portugal
(après 2,2% en 2008), et à 2,3% en 2008 puis à 2,4% en 2009 en Italie, après
1,9% en 2007.
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