L'affaire de l'UIMM déclenche une crise ouverte au sein du patronat (PAPIER
GENERAL)
Par Isabelle TOURNE
PARIS (AFX) - L'affaire de l'UIMM a déclenché une crise ouverte
au sein du patronat: la présidente du Medef, Laurence Parisot, tente de mettre
au pas la fédération de la métallurgie, et use de mots très durs, s'attirant une
réplique cinglante de ses dirigeants, sous le regard agacé des syndicats.
Interrompant ses vacances, après le nouveau rebondissement de l'affaire, Mme
Parisot a dénoncé samedi un comportement "méprisant et méprisable" de l'Union
des industries et métiers de la métallurgie.
L'UIMM a confirmé jeudi que son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac,
avait négocié une indemnité de départ de 1,5 million d'euros, ainsi que la prise
en charge par l'organisation des conséquences fiscales de l'affaire des retraits
suspects des caisses du patronat de la métallurgie.
"Trop, c'est trop. Je ne décolère pas", a lancé Mme Parisot, ajoutant que
cela "salit, abîme l'image des entreprises, du Medef, mon image".
Dans un entretien au JDD, Mme Parisot, élue en 2005 sans le soutien de
l'UIMM, affirme avoir demandé "solennellement à tous les membres de l'UIMM qui
exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de remettre
immédiatement leur mandat à la disposition du Medef".
Le président de l'Unedic, Michel de Virville, qui a négocié l'indemnité de
départ de Denis Gautier-Sauvagnac, a déjà démissionné.
L'UIMM, la plus riche et la plus puissante fédération du Medef, n'a pas
tardé à réagir, elle aussi avec virulence.
Quelques heures après l'initiative coup de poing de Mme Parisot, Denis
Gautier-Sauvagnac s'est étonné de sa "véhémence" et l'a appelée, par la voix de
son avocat, à "garder son sang-froid".
Le nouveau président de l'Union, Frédéric Saint-Geours, au "vu de la
campagne violente à l'encontre" de la fédération, a convoqué lundi "une réunion
exceptionnelle du bureau pour prendre les décisions qui s'imposent".
Laurence Parisot, qui souhaitait le rencontrer ce lundi pour lui demander
des "éclaircissements", se voit priée d'attendre l'issue du bureau de l'UIMM.
Dans les deux camps, on fourbit ses armes. "La violence des mots de Laurence
Parisot est proportionnelle au désarroi dont nous font part, en région, nos PME
et TPE", affirme Stéphane Brousse, président du Medef des Bouches-du-Rhône.
"Les Medef territoriaux n'en peuvent plus de cette soi-disant puissance de
la métallurgie, de cet amalgame qui est fait entre le Medef et l'UIMM",
ajoute-t-il.
Laurence Parisot a eu beau samedi prendre de nouveau ses distances avec
l'UIMM, "adhérent mais pas filiale" du Medef, Stéphane Brousse redoute "la perte
de tous les adhérents".
Dans les rangs de la fédération de la métallurgie, vieille de plus d'un
siècle, on juge la réaction de la patronne du Medef "disproportionnée",
"violente" et "insultante", certains parlant même de "tentative d'OPA" sur ses
adhérents.
Plus qu'agacés, les syndicats regrettaient dimanche cette "crise à
l'intérieur du patronat", selon le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly,
qui déplore "une déstabilisation" dans les organismes paritaires et les
négociations.
"Les turpitudes du patronat, il y en a marre, et je suis heureux de
constater que Mme Parisot sait faire le ménage chez elle", a déclaré Bernard Van
Craeynest, le président du syndicat CFE-CGC.
Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, rival patronal du mouvement
de Laurence Parisot, a dénoncé un "vrai problème" au Medef, ajoutant qu'à la
CGPME "tout est transparent".
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