Par Dominique MURET
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MILAN (Italie) (AFX) - L'arrivée d'une femme, Emma Marcegaglia,
une "Lady d'acier" de 42 ans, à la tête du patronat italien bouscule le milieu
des entrepreneurs locaux, qui leur accordent d'habitude bien peu de place.
Elles ne sont guère plus de 5% à figurer dans les conseils d'administration
des sociétés italiennes cotées en Bourse et n'occupent pas plus de 9% des postes
de management de haut niveau, selon une recherche de l'Université Bocconi de
Milan.
Candidate à la succession de l'actuel patron des patrons, Luca Cordero di
Montezemolo, Emma Marcegaglia a reçu mardi un soutien massif de la part des
chefs d'entreprise, qui ont voté à 95% en sa faveur, avant sa désignation
officielle le 13 mars.
Il aura fallu près d'un siècle pour qu'une femme accède pour la première
fois à la direction de la Confindustria, le patronat italien.
"Il s'agit de l'adhésion la plus élevée jamais enregistrée dans l'histoire
des consultations pour le renouvellement de la présidence de Confindustria", a
souligné la confédération.
"C'est bien la preuve que le monde de l'entreprise italien n'est pas aussi
macho! Tout le monde regarde cette nouveauté avec un grand intérêt", commente
Ivan Lo Bello, président du patronat sicilien.
"Cette présidence au féminin est un signe très positif pour le pays. Elle
devrait encourager une présence majeure des femmes à des postes de direction
dans les entreprises", a-t-il ajouté.
"C'est une nouveauté importante. Un message lancé aux entreprises et au pays
tout entier", renchérit Pietro Ichino, professeur de droit du travail à
l'Université de Milan.
"Pas seulement parce qu'Emma Marcegaglia est une femme, mais parce qu'avec
sa personnalité elle pourra jouer un rôle d'ouverture décisif pour réformer le
système conservateur du patronat italien", estime-t-il.
"Le nombre de femmes aux postes de direction dans les entreprises
italiennes est l'un des plus bas d'Europe. Le problème, c'est que dans notre
pays, on n'accorde pas d'importance au mérite. Par ailleurs, le contexte
professionnel est souvent agressif et pousse les femmes à fuir le monde des
entreprises", souligne Cristina Bombelli, également professeur à Bocconi.
Mais il en faut plus apparemment pour effrayer Emma Marcegaglia, une jolie
femme aux cheveux châtain, surnommée la "Lady d'acier".
Originaire de Mantoue dans le nord du pays, après son diplôme en économie
d'entreprise et un master à la Business University de New York, elle a commencé
à travailler à 23 ans dans l'entreprise familiale Gruppo Marcegaglia, dont elle
est aujourd'hui l'administrateur délégué, chargée de l'administration et des
finances, aux côtés de son frère Antonio.
Spécialisée dans la transformation de l'acier, cette entreprise qui a
réalisé un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros en 2007 est le 10ème
groupe industriel italien.
Réputée pour sa ténacité et ses manières courtoises, mariée et mère d'une
fillette, Emma Marcegaglia affiche également une longue expérience au sein de la
Confindustria.
Première femme présidente des jeunes industriels de 1996 à 2000, elle a
occupé ensuite divers postes à la vice-présidence de la confédération des
patrons. "Elle est très déterminée, possède une grande capacité d'analyse tout
en sachant rester modeste et à l'écoute des autres. Et puis, elle ne ménage pas
ses efforts. Pour elle, donner le maximum est un impératif", confie à l' sa
secrétaire Patrizia Longhini, qui la côtoie depuis 17 ans.
Une main de fer dans un gant de soie, dont les Italiennes attendent
beaucoup.
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