WASHINGTON (AFX) - Le Fonds monétaire international (FMI) a
débloqué vendredi 3,65 milliards de dollars en faveur de la Turquie, la dernière
tranche d'une ligne de crédit sur trois ans d'un total de près de 10 milliards
de dollars accordée en 2005, a-t-il annoncé dans un communiqué.
"L'économie turque a maintenu des performances raisonnablement bonnes malgré
l'environnement extérieur, l'économie faisant preuve de résistance et les flux
d'investissements directs restant dynamiques", a jugé le directeur général du
FMI Dominique Strauss Kahn, pour expliquer cette décision.
Le conseil d'administration du Fonds a passé en revue les réformes
économiques mises en oeuvre par Ankara et exigées par l'institution financière
internationale, en échange de l'obtention de ce crédit, a précisé le FMI.
Il s'est en particulier félicité de l'adoption de réformes du système de
sécurité sociale et des impôts.
La Turquie et le FMI ont signé en le 11 mai 2005 un accord sur trois ans
venant remplacer un précédent programme triennal qui a permis au pays d'éviter
l'effondrement financier après une grave crise survenue en 2001.
L'accord expire expire samedi et le gouvernement turc doit encore décider
s'il entend conclure un nouvel accord avec le Fonds, une question sensible pour
l'institution qui manque de plus en plus de "clients".
Interrogé sur ce point, Lorenzo Giorgianni, le chef de mission Turquie du
FMI, a indiqué que le gouvernement turc n'avait pas encore dit à l'institution
s'il souhaitait ou non recourrir à nouveau à ses services, et sous quelle
forme.
Depuis sa création, après guerre, le FMI tire l'essentiel de ses ressources
et une grande part de sa légitimité des prêts qu'il consent aux Etats en
difficulté.
Mais la sévérité des conditions qu'il assortit à ses crédits, et l'accès
plus facile qu'ont désormais les pays émergents au marché de la dette, ont rendu
ses services peu attractifs.
"Je suis persuadé que le gouvernement évalue avec soin les différentes
options qui s'offrent à lui", a expliqué M. Giorgianni, lors d'une conférence
téléphonique.
Elles sont au nombre de deux, a-t-il poursuivi: "l'une consisterait en un
nouvel accord, vraissemblablement de précaution, c'est-à-dire sans décaissement;
l'autre serait une période de surveillance renforcée", pendant laquelle les
perspectives et politiques économiques turques seraient évaluées deux fois par
an, au lieu d'une fois pour chacun des pays membres du Fonds.
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