LONDRES (AFX) - Les cours du pétrole continuaient à s'emballer
jeudi, après un sabotage sur un oléoduc irakien ayant affecté les exportations,
une annonce renforçant le climat haussier installé la veille par une stagnation
inattendue des stocks américains de brut et par une rechute du dollar.
Vers 11H00 GMT à Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai
prenait 86 cents par rapport à la clôture de mercredi soir, à 104,85 dollars le
baril.
A la même heure à New York, le prix du baril de "light sweet crude" pour
livraison en mai gagnait 1,12 dollar à 107,02 dollars.
Un sabotage, jeudi, sur un oléoduc irakien près de la ville de Bassorah
(sud) a affecté les exportations de pétrole du pays, a annoncé à l' Samir
Al-Maksoussi, le porte-parole de la South Oil Company qui exploite les champs de
pétrole dans cette région.
"L'oléoduc transporte du brut des champs de Zubeir 1 vers le dépôt de Fao.
Cela affecte directement nos exportations", a-t-il affirmé.
Après cette annonce, les cours ont bondi jusqu'à 107,70 dollars à New York
et 105,60 dollars à New York.
Si les combats --qui ont déjà fait 50 morts mardi et mercredi--
s'intensifiaient, les experts craignent une paralysie totale des exportations
irakiennes : 90% du pétrole irakien exporté transite en effet par la ville
portuaire de Bassorah, sur le Golfe.
Entre 1,5 et 1,6 million de barils sont exportés quotidiennement de cette
région, à destination principalement des marchés européens et japonais,
précisait ainsi jeudi matin une source du secteur.
Avec une production d'environ 2 millions de barils par jour, l'Irak occupe
le quinzième rang parmi les producteurs de pétrole.
Ces inquiétudes sur la production accentuaient le mouvement de redressement
amorcé mardi soir, sur fond de rechute du dollar.
"La course du pétrole est à nouveau dictée par les échanges de dollars. La
tendance à vendre des dollars, acheter du pétrole et de l'or a repris", notait
ainsi Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix.
Le billet vert, qui s'était nettement ressaisi la semaine dernière, a en
effet replongé. Jeudi matin, il s'échangeait aux alentours de 1,58 dollar contre
un euro, à proximité de ses plus bas niveaux historiques face à la monnaie
unique. La dépréciation du billet vert pousse les investisseurs munis d'autres
devises vers les matières premières monnayées en dollars, car elle renforce leur
pouvoir d'achat.
Les cours ont reçu un stimulus supplémentaire mercredi avec l'annonce d'une
stagnation inattendue des réserves de brut aux Etats-Unis, et d'une forte baisse
des stocks d'essence.
Après deux semaines consécutives de reconstitution, les réserves de brut
sont restées à 311,8 millions de barils durant la semaine achevée le 21 mars,
alors que le marché comptait sur une hausse de près de deux millions de barils.
Les stocks d'essence ont baissé de 3,3 millions de barils, soit deux fois
plus que le recul anticipé, tandis que les réserves de produits distillés, qui
comprennent le fioul de chauffage et le gazole, sont aussi ressortis en retrait
de 2,2 millions de barils.
Par ailleurs, en France, l'appel à la grève des agents portuaires, en
opposition à une réforme gouvernementale des ports, a été fortement suivi et a
paralysé les principaux terminaux maritimes du pays.
Les cours du pétrole, qui avaient perdu près de 10% la semaine dernière par
rapport à leurs sommets historiques (111,80 dollars à New York et 108,02 dollars
à Londres) s'en rapprochaient donc à nouveau.
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