LONDRES (AFX) - Le prix du pétrole était en hausse d'un
dollar, à près de 107 dollars le baril à New York, après un sabotage sur un
oléoduc irakien ayant affecté les exportations, une annonce rappelant, selon des
analystes, l'insécurité en Irak et la vulnérabilité du marché face à des chocs
d'offre.
Vers 17H00 GMT à Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai
prenait 61 cents par rapport à la clôture de mercredi soir, à 104,60 dollars le
baril.
A la même heure à New York, le prix du baril de "light sweet crude" pour
livraison en mai gagnait 1,05 dollar à 106,95 dollars.
Un sabotage, jeudi, sur un oléoduc irakien près de la ville de Bassorah
(sud) a affecté les exportations de pétrole du pays, a annoncé à l' Samir
Al-Maksoussi, le porte-parole de la South Oil Company qui exploite les champs de
pétrole dans cette région.
Après cette annonce, les cours ont bondi jusqu'à 107,70 dollars à New York
et 105,60 dollars à New York.
"Il s'agit du plus gros oléoduc alimentant le terminal d'exportation de
Bassorah et l'incident aura probablement pour conséquence de perturber gravement
les exportations irakiennes", ont commenté à Londres les analystes de la banque
Barclays Capital.
Pour Samuel Ciszuk, spécialiste du Moyen-Orient pour le cabinet d'analyse
Global Insight, l'impact de ce sabotage pourrait néanmoins être "sans grande
conséquence" - une perte de production de l'ordre de 130.000 barils par jour
pendant deux ou trois jours - si les travaux de réparation étaient effectués
dans ces délais, comme l'assure la Southern Oil Company.
Cette attaque a surtout mis en lumière les menaces qui pèsent sur la
production irakienne : si une attaque touchait un terminal pétrolier ou un champ
pétrolier, les experts craignent une paralysie totale des exportations
irakiennes, qui transitent à 90% par la ville portuaire de Bassorah, seul accès
au Golfe.
Entre 1,5 et 1,6 million de barils sont exportés quotidiennement de cette
région, à destination principalement des marchés européens et japonais,
précisait ainsi jeudi matin une source du secteur.
"Les problèmes géopolitiques non résolus en Irak pourraient potentiellement
jouer un plus grand rôle, sachant que la contraction des stocks mondiaux de
pétrole brut et de la capacité excédentaire (de production) a rendu le marché
plus vulnérable aux chocs d'offre", soulignaient par ailleurs les analystes de
Barclays Capital.
Les cours avaient déjà fortement progressé la veille, clôturant en hausse de
près de quatre dollars à New York, après le rapport du Département américain de
l'Energie (DoE) sur les réserves pétrolières américaines : l'annonce d'une
stagnation inattendue des réserves de brut aux Etats-Unis, et d'une forte baisse
des stocks d'essence, de 3,3 millions de barils, soit deux fois plus que le
recul anticipé, ont relancé les craintes sur l'offre.
Un mouvement de redressement se dessinait déjà mardi soir, à la faveur d'une
rechute du dollar.
Le billet vert, qui s'était nettement ressaisi la semaine dernière, a en
effet replongé. Jeudi matin, il s'échangeait aux alentours de 1,58 dollar contre
un euro, à proximité de ses plus bas niveaux historiques face à la monnaie
unique.
La dépréciation du billet vert pousse les investisseurs munis d'autres
devises vers les matières premières monnayées en dollars, car elle renforce leur
pouvoir d'achat.
Les cours du pétrole se rapprochaient donc à nouveau de leurs sommets
historiques (111,80 dollars à New York et 108,02 dollars à Londres).
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