Le pétrole repasse au-dessus de 107 USD le baril à New York
NEW YORK (AFX) - Le prix du pétrole a continué de grimper à
New York et a terminé au-delà de 107 dollars le baril, l'attention du marché se
focalisant sur les exportations irakiennes de brut, mises à mal après le
sabotage d'un oléoduc dans le sud du pays.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude"
pour livraison en mai a gagné 1,68 dollar pour clôturer à 107,58 dollars. Il est
monté en séance jusqu'à 108,22 dollars, se rapprochant de son record historique
de 111,80 dollars, atteint le 17 mars.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s'est
également apprécié, gagnant 1,01 dollar à 105,00 dollars. Avec un sommet en
séance à 105,60 dollars, son record historique de 108,02 dollars apparaît
également à portée.
Alors qu'ils avaient déjà repris 4,68 dollars la veille à New York, à la
faveur d'un retour à la baisse du dollar et d'une stagnation surprise des stocks
américains de brut, les cours de l'or noir ont reçu un nouveau coup de fouet
jeudi avec l'explosion et l'incendie d'un oléoduc près de la ville de Bassorah
dans le sud de l'Irak.
Le porte-parole de la South Oil Company, qui exploite les champs de pétrole
dans cette région, a jugé qu'il faudrait deux à trois jours pour réparer
l'oléoduc. "L'oléoduc transporte du brut des champs de Zubeir 1 vers le dépôt de
Fao. Cela affecte directement nos exportations", a-t-il affirmé.
"L'oléoduc de Zubeir 1 est l'un des deux conduits qui transportent du brut
vers le terminal de Bassorah. Mais il faut noter que l'autre ne fonctionne pas
non plus à pleine capacité en raison d'interruptions de courant causées par les
combats" actuels, a noté Eric Wittenauer, analyste de Wachovia Securities.
"C'est la première fois depuis 2004 que la route d'approvisionnement de
Bassorah est en partie interrompue", a souligné Mike Fitzpatrick, analyste de MF
Global.
Et une éventuelle intensification des combats à Bassorah, qui ont déjà fait
une cinquantaine de morts cette semaine, fait craindre aux acteurs du marché du
pétrole une paralysie totale des exportations irakiennes. 90% du brut irakien
exporté transite par cette ville portuaire, seul accès de l'Irak sur le Golfe.
Avec une production d'environ 2 millions de barils par jour, l'Irak occupe
le quinzième rang parmi les producteurs de pétrole, et selon une source du
secteur, entre 1,5 et 1,6 million de barils sont exportés quotidiennement de
cette région du sud du pays, à destination principalement des marchés européens
et japonais.
Pour Samuel Ciszuk, spécialiste du Moyen-Orient pour le cabinet d'analyse
Global Insight, l'impact de ce sabotage pourrait néanmoins être "sans grande
conséquence" - une perte de production de l'ordre de 130.000 barils par jour
pendant deux ou trois jours - si les travaux de réparation étaient effectués
dans le délai de 48 heures à 72 heures avancé par la Southern Oil Company.
"Malgré l'accumulation de signes d'un recul de l'économie américaine (qui
entraînerait une diminution de la consommation énergétique des Etats-Unis,
ndlr), le dollar faible, les réserves américaines qui se tassent et de nouveaux
risques géopolitiques vont nourrir la mentalité haussière du marché" de nouveau,
a jugé M. Fitzpatrick.
Par ailleurs, dans ce contexte de nouvelle envolée du baril d'or noir, le
président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le ministre
algérien Chakib Khelil, a indiqué qu'une rencontre informelle entre
consommateurs et exportateurs de pétrole pourrait avoir lieu à Rome à l'occasion
du Forum international de l'énergie prévue du 20 au 23 avril, afin de "prendre
les décisions nécessaires". M. Khelil a toutefois écarté une éventuelle
augmentation de la production du cartel.
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