LONDRES (AFX) - Les cours du pétrole poursuivaient mercredi un
rebond amorcé la veille à la faveur d'un affaissement du dollar et d'une reprise
des violences en Irak, avant le rapport sur les réserves pétrolières
américaines, qui devrait faire état d'une nouvelle hausse des stocks de brut.
Vers 11H00 GMT à Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai
prenait 1,24 dollar par rapport à la clôture de mardi soir, à 101,84 dollars le
baril.
A la même heure à New York, le prix du baril de "light sweet crude" pour
livraison en mai gagnait 1,38 dollar à 102,60 dollars.
Les cours prolongeaient mercredi matin un mouvement entamé la veille : après
trois séances de correction, les cours ont clôturé mardi en timide hausse (de 36
cents à New York et de 74 cents à Londres).
"La chute du dollar hier (mardi) a ramené les acheteurs vers le complexe
pétrolier", observaient ainsi les analystes du courtier Cameron Hanover.
Mercredi, le billet vert se rapprochait encore de ses plus bas niveaux
historiques face à l'euro, tombant à 1,57 dollar contre un euro. La monnaie
unique était favorisée par un rebond de la confiance des chefs d'entreprise
allemands tandis que le dollar pâtissait toujours d'un climat économique très
dégradé.
Depuis plusieurs semaines, les investissseurs achètent à tour de bras des
matières premières pour se couvrir contre l'inflation et la chute des marchés
d'action.
De plus, la baisse de la devise américaine rend plus abordable les matières
premières libellées en dollars, comme le pétrole, pour les acheteurs payant dans
d'autres monnaies.
Les cours du pétrole "ont profité également de la (reprise) des violences
entre les insurgés et les forces de sécurité en Irak", notaient par ailleurs les
analystes du cabinet indépendant John Hall.
Avec une production d'environ 2 millions de barils par jour, l'Irak occupe
le quinzième rang parmi les producteurs de pétrole.
Des affrontements entre les combattants du chef radical Moqtada Sadr et les
troupes américaines et irakiennes ont fait quatre tués à Bagdad, mercredi, au
deuxième jour d'une offensive du pouvoir contre la puissante milice chiite.
Dans le même temps, de nouveaux accrochages ont éclaté entre les forces
régulières irakiennes et les combattants de l'Armée du Mahdi, à Bassorah, dans
le sud de l'Irak, où la veille, sept personnes ont été tuées et 48 blessées.
L'influence de la valeur du dollar sur le marché pétrolier alimente le débat
entre les analystes qui estiment que les prix élevés du pétrole sont dus aux
spéculateurs et ceux pour qui les cours reflètent un rapport très serré entre
offre et demande.
Les premiers jugent les prix artificiellement gonflés par la spéculation et
s'attendent à un repli avec la baisse traditionnelle de la demande énergétique
au printemps.
Les seconds soulignent la vigueur de la demande mondiale, la faible
progression de l'offre dans les pays hors Opep, et le sous-investissement dans
la production.
"Les investisseurs pourraient reporter leur attention aujourd'hui (mercredi)
vers l'offre et la demande avec le rapport hebdomadaire du Département américain
de l'Energie sur les réserves américaines" d'hydrocarbures, estimait pour sa
part Andrey Kryuchenkov, de la maison de courtage Sucden.
Pour la semaine achevée le 21 mars, les analystes s'attendent à une hausse
de 1,8 million de barils (mb) des stocks américains de brut. Il s'agirait de la
troisième hausse hebdomadaire d'affilée.
En revanche, les stocks d'essence --au plus haut depuis 15 ans-- auraient
baissé de 1,15 mb et ceux de distillats auraient décliné de 1,63 mb, estiment
les analystes.
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