NEW YORK (AFX) - Après une semaine de records, les cours du
baril de pétrole se repliaient nettement à l'ouverture lundi à New York sur des
prises de bénéfices intervenant après un raffermissement du dollar, monnaie dans
laquelle est vendu le brut.
Vers 13H05 GMT, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de
"light sweet crude" pour livraison en juin s'échangeait 124,69 dollars, en
baisse de 1,27 dollar par rapport à son niveau de clôture vendredi.
"Le marché est en train de céder tous ses gains de vendredi en raison du
redressement du billet vert", expliquait Eric Wittenauer, analyste à la maison
de courtage Wachovia Securities.
Le dollar est redescendu sous les 1,55 dollar pour un euro lundi, réduisant
quelque peu le pouvoir d'achat des investisseurs hors zone billet vert, qui
profitent souvent de son effritement pour se ruer vers les matières premières
afin de se protéger contre l'inflation.
Mais pour l'analyste, "ces prises de bénéfices" n'augurent pas d'un
mouvement général de repli des cours.
"Depuis mi-avril, chaque retrait des cours a été suivi d'un fort mouvement
de hausse. La question maintenant est de savoir jusqu'où vont pouvoir remonter
les prix quand les investisseurs vont de nouveau se mettre à acheter",
avançait-il.
Depuis le 1er mai, le prix du baril de brut a gagné près de 15 dollars. En
cinq séances la semaine dernière, il a franchi sans coup férir les barres
symboliques des 120, 121 ...jusqu à 126 dollars sur un rythme de un record par
jour en moyenne.
Cette course effrénée a poussé analystes et observateurs à relever leurs
estimations annuelles, avançant désormais que le pétrole pourrait valoir 150
dollars le baril d'ici l'automne.
Des achats spéculatifs et des craintes de baisse des stocks mondiaux de
gazole et fioul de chauffage, en raison des perturbations de production au
Nigeria, ont nourri cette escalade.
La compagnie pétrolière Shell a par exemple annoncé samedi qu'elle perdait
chaque jour au Nigeria l'équivalent d'environ 30.000 barils de brut en raison
des dernières attaques contre ses installations dans la région pétrolière du
delta du Niger.
Dans ce contexte, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) "a
commencé à tester le marché avec des +sources+ mentionnant la possibilité d'une
réunion anticipée", a rapporté Olivier Jakob, stratège au cabinet Petromatrix.
Jusqu'à présent l'Opep a toujours rejeté les appels de pays consommateurs,
dont les Etats-Unis, à pomper plus pour contrer la frénésie du marché.
lo/cg/hel
|