LONDRES (AFX) - Les cours du pétrole marquaient le pas
vendredi matin, au terme d'une semaine d'escalade marquée par une rechute du
billet vert, l'annonce d'une baisse des réserves d'essence américaines et un
regain de violences en Irak.
Vers 11H00 GMT, à Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai
perdait 25 cents par rapport à la clôture de jeudi soir, à 104,76 dollars le
baril.
A la même heure, à New York, le prix du baril de "light sweet crude" pour
livraison en mai cédait 57 cents à 107,01 dollars.
"Les prix du pétrole fléchissaient ce matin, alors que les marchés se
concentraient à nouveau sur les inquiétudes économiques aux Etats-Unis, tandis
que le transport de pétrole aurait repris presque normalement à travers
l'oléoduc endommagé" en Irak, commentait Michael Davies, analyste de la maison
de courtage Sucden.
Jeudi, le sabotage d'un oléoduc irakien, près de Bassorah (sud) avait
perturbé les exportations, dopant les cours, qui avaient clôturé en hausse de
plus d'un dollar des deux côtés de l'Atlantique.
Bien que d'une gravité limitée, l'incident a remis en lumière la
vulnérabilité de la production d'or noir en Irak.
"Cette attaque est liée à des combats qui s'intensifient dans la région (de
Bassorah).. et il pourrait s'agir du premier incident d'une longue série dans la
région", redoutait ainsi Michael Davis, de Sucden.
L'espoir d'une réparation plus rapide qu'escompté a soulagé les
investisseurs qui, du coup, reportaient leur attention vers une économie
américaine mal en point.
Depuis plusieurs mois, le spectre d'une baisse de la consommation mondiale
d'énergie, dans le sillage d'une récession économique aux Etats-Unis, refait
régulièrement surface et érode les prix.
Les cours restaient néanmoins à des niveaux historiquement élevés et proches
de leurs sommets historiques de la mi-mars (111,80 dollars à New York et 108,02
dollars à Londres).
Après avoir flanché la semaine dernière, ils se sont nettement repris cette
semaine, piqués par un triple aiguillon : une forte rechute du dollar, retombé
cette semaine près de ses plus bas historiques, un rapport haussier sur les
réserves pétrolières américaines -- une stagnation inattendue des stocks de brut
aux Etats-Unis s'est combinée la semaine achevée le 21 mars à un plongeon des
réserves d'essence et de brut -- et enfin un retour des craintes géopolitiques
avec les combats en Irak.
La faiblesse du dollar continuait vendredi matin à soutenir les cours : le
dollar restait éreinté face à l'euro, près de 1,58 dollar contre un euro.
Or, sa dépréciation rend meilleur marché les matières premières libellées en
dollars, comme le pétrole, pour les investisseurs ayant en poche d'autres
devises.
Par ailleurs, le président de l'Organisation des pays exportateurs de
pétrole (Opep), le ministre algérien Chakib Khelil, a indiqué qu'une rencontre
informelle entre consommateurs et exportateurs de pétrole pourrait avoir lieu à
Rome à l'occasion du Forum international de l'énergie prévue du 20 au 23 avril,
afin de "prendre les décisions nécessaires".
M. Khelil a toutefois écarté une éventuelle augmentation de la production du
cartel.
"Je ne pense pas qu'il y aura une autre décision que celle qui a été prise
en mars dernier" par l'OPEP, a-t-il dit, en référence à la décision prise en
mars de ne pas augmenter l'offre de pétrole.
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