BIARRITZ (AFX) - Les "obstacles s'accumulent" pour les
compagnies aériennes, dans un "contexte incertain" marqué par le ralentissement
de l'économie américaine et l'envolée des prix des carburants, a prévenu
vendredi Christian Boireau, directeur commercial France d'Air France.
"Le ralentissement de l'économie américaine se répercute sur beaucoup de
pays", y compris en Europe, avec "une croissance que les prévisionnistes
revoient tous les deux mois à la baisse", a-t-il déclaré devant la Convention
nationale des agences de voyages du Snav, à Biarritz.
Deuxième obstacle, la hausse des prix des carburants, un "poste qui pèse
entre 25 et 30% des coûts des compagnies aériennes", a-t-il expliqué. "En
Europe, nous avons la chance d'avoir un peu d'atténuation" grâce au dollar
faible, "mais cela n'absorbe pas du tout toute la hausse".
Pour les compagnies aériennes américaines, "c'est une catastrophe", car
"elles n'ont pas les moyens d'avoir des couvertures suffisantes" et "elles
prennent le choc en dollar", a estimé M. Boireau.
"Les compagnies aériennes américaines sont toutes en train de mettre au
point des plans de crise", a-t-il relevé avant de citer le cas de Delta Air
Lines, allié d'Air France, "qui a décidé de remettre au sol 40 avions qui
auraient dû voler cette année".
S'y ajoutent, notamment en Europe, "des revendications sur le pouvoir
d'achat" et des "enjeux environnementaux": "on ne peut pas dire que le ciel soit
complètement dégagé", a-t-il commenté.
L'objectif d'Air France, "est de transformer ces défis parfois vitaux en
+challenges+" et de "continuer à développer notre compétitivité si on veut
rester un leader mondial dans notre métier", a-t-il relevé.
En France, la compagnie aérienne est confrontée à la concurrence des +low
cost+ et du TGV: "nous développons nos points forts, quitte à abandonner
certaines lignes déficitaires", comme Orly-Rennes et Orly-Avignon, a-t-il
rappelé.
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