PARIS (AFX) - Les pays de l'OCDE auraient dû lancer davantage
de réformes en 2007 compte tenu de la bonne santé économique dont profitaient
alors la plupart d'entre eux, a estimé mardi lors d'une conférence de presse le
secrétaire général de l'organisation, Angel Gurria.
"A priori, une croissance robuste et un chômage en baisse auraient dû
fournir une opportunité pour intensifier les réformes structurelles", a estimé
M. Gurria, en présentant le rapport "Objectif croissance", qui examine l'avancée
en 2007 des réformes prônées par l'Organisation pour la coopération et le
développement économiques.
En effet, "le coût des réformes a tendance à être plus bas ou plus facile à
absorber" quand l'économie va bien, a-t-il expliqué.
Dans son rapport, l'OCDE regrette en particulier que les réformes du marché
du travail n'aient pas été assez poussées.
"Toutefois, l'expérience montre qu'une situation économique propice peut en
fait ralentir les réformes en masquant temporairement les faiblesses
sous-jacentes", a nuancé M. Gurria, soulignant un "paradoxe cruel".
Et même, "les réformes structurelles ont tendance à intervenir plus
rapidement quand l'économie va mal", a noté Jorgen Elmeskov, chef du département
des affaires économiques.
"De ce fait, on pourrait espérer qu'il y ait davantage de réformes à
l'avenir", a-t-il poursuivi, citant les "défis auxquels est confrontée
l'économie mondiale" actuellement.
Interrogé sur la possibilité pour la France d'atteindre 2% de croissance en
2008, alors que le Fonds monétaire international table sur 1,5%, M. Gurria a
répondu : "nous ne savons pas si c'est 1,5% ou 1,6%, ce n'est pas la question;
la question, c'est que la croissance est très très modeste, très faible, et
qu'il faut la renforcer".
Selon lui, "les conditions en France sont bonnes pour mener les réformes
parce que le gouvernement a une grande majorité", contrairement aux pays qui ont
des coalitions au pouvoir.
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