Les prix du pétrole en baisse avec la reprise du dollar
LONDRES (AFX) - Les cours du pétrole retombaient mardi après
avoir dépassé 102 dollars pour le brent et frôlé le seuil des 104 dollars pour
le light sweet crude, alors que le dollar reprenait de la vigueur face à un euro
affaibli par des propos du président de la BCE, Jean-Claude Trichet.
A 11H00 GMT, le baril de "light sweet crude" pour livraison en avril cédait
22 cents à 102,23 dollars à New York.
En séance, à New York, le prix du baril d'or noir est monté jusqu'à 103,95
dollars, un record absolu, qui dépasserait même en termes réels le niveau
atteint lors du deuxième choc pétrolier à partir de 1979.
Le Brent de la mer du Nord pour livraison en avril perdait 14 cents à 100,34
dollars.
La baisse de l'euro et la reprise corrélative du dollar ont pesé sur les
cours de pétrole : libellé en dollars, l'or noir est meilleur marché hors zone
dollar lorsque celui-ci baisse, et inversement.
Or, la monnaie européenne est retombée après les propos de Jean-Claude
Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), rappelant les
Américains à leur engagement en faveur d'un dollar fort.
Après un nouveau record à près de 1,53 dollar pour un euro lundi, la monnaie
européenne est retombée sous 1,52 dollar, niveau où elle se tenait mardi en
milieu de journée.
En outre, les analystes soulignent les inquiétudes au niveau de la demande.
"Il n'y a pas eu d'augmentation globale de la demande depuis trois ans aux
Etats-Unis. Et ce, alors que la croissance de l'économie était à la vitesse
maximum; maintenant qu'elle est à la vitesse minimum ou presque en marche
arrière, la tendance ne risque pas de changer" a commenté Olivier Jakob de
Petromatrix.
A la veille de sa réunion à Vienne, le marché est suspendu aux déclarations
de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. Son président en exercice,
le ministre algérien du Pétrole Chakib Khelil n'a pas exclu lundi une baisse de
production.
"Je ne pense pas que l'Opep va envisager une hausse de production car cela
voudrait dire augmenter à un moment où la demande n'augmente pas", a déclaré le
ministre à son arrivée à Vienne, siège de l'Opep. Lors de leur réunion mercredi,
les ministres des 13 pays membres du cartel choisiront donc "entre un maintien
ou une baisse" de production, a-t-il ajouté.
Le président de l'Eurogroupe, forum des ministres des Finances de la zone
euro, Jean-Claude Juncker, a encouragé lundi soir l'Opep à faire baisser les
prix du pétrole, alors que la position actuelle du cartel pousse plutôt les
tarifs à la hausse.
Un discours peu entendu par l'Opep, et en particulier sa ligne dure, Iran et
Venezuela, partisans pour leur part d'une réduction de l'offre.
L'Opep devrait "maintenir, si ce n'est réduire l'offre", mais certainement
pas l'accroître, a déclaré à son arrivée lundi soir à Vienne le ministre
vénézuélien du Pétrole, Rafael Ramirez.
Le ministre du pétrole iranien, Gholam Hossein Nozari, s'est inquiété mardi
matin, à son arrivée à Vienne, de la dépréciation du dollar.
A la question de savoir si les actuels cours du pétrole inquiétaient l'Opep,
le ministre a répondu que les "prix ne sont pas des prix réels" en raison de la
baisse du dollar, une manière de dire que la valeur réelle des revenus des
producteurs de pétrole étaient érodée par la dégringolade du billet vert.
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