Les prix du pétrole vont rester très élevés, selon l'Ufip
PARIS (AFX) - Les prix du pétrole vont rester durablement
élevés en raison d'une hausse des capacités de production bien plus lente que
celle de la demande, estime Jean-Louis Schilansky, secrétaire général de l'Ufip,
dans un entretien à la revue Pétrole et gaz arabes.
M. Schilansky table par ailleurs sur un statu quo de l'Opep lors de sa
réunion du 5 mars.
"Toutes les conditions sont réunies pour que les prix du pétrole restent
durablement élevés", juge le secrétaire général de l'Union française des
industries pétrolières (Ufip).
Du côté des producteurs, "en dehors de l'Arabie Saoudite, le potentiel
d'accroissement de la capacité de production dans un avenir proche est très
limité", souligne-t-il.
"Le coussin de sécurité que représente la capacité de production inutilisée
est faible depuis quelques années, ce qui rend impossible toute détente durable
sur les prix", ajoute-t-il.
Il rappelle que les ouragans Rita et Katrina avaient entraîné en 2005 des
pertes de production allant jusqu'à 1,5 million de barils par jour, soit la
totalité de la capacité excédentaire de production de l'Opep.
De son côté, la consommation pétrolière ne faiblit pas, tirée par la demande
des pays émergents comme la Chine ou l'Inde, poursuit M. Schilansky.
"La résistance des économies aux prix élevés du pétrole étonne tous les
observateurs. Dans les pays développés, il y a eu un net découplage entre
croissance économique et croissance de la consommation pétrolière et
énergétique. De leur côté, les pays émergents ont tellement besoin de pétrole
qu'ils sont prêts à absorber des hausses considérables des cours", fait-il
valoir.
"De plus, leur compétitivité industrielle et économique s'explique par
d'autres facteurs et leurs avantages concurrentiels sont tels qu'ils ne sont pas
annulés par la hausse des prix du brut", précise-t-il.
Alors que le cartel se réunit la semaine prochaine à Vienne, M. Schilansky
affirme par ailleurs que "le maintien de l'actuel plafond de production est
l'hypothèse la plus probable", parce qu'avec "des prix autour de 100 dollars le
baril, une baisse de la production serait ressentie comme une provocation par
les consommateurs".
Mais une hausse de production est également exclue car l'Opep s'attend à ce
que la fin de l'hiver s'accompagne d'une "chute temporaire de la demande", et
s'inquiète des "incertitudes liées à la crise économique" aux Etats-Unis et de
ses répercussions sur le reste du monde.
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