ROME (AFX) - Les syndicats d'Alitalia rencontrent mardi à Rome
le Pdg d'Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta qui serait prêt à faire des
"ouvertures" sur le plan de rachat de la compagnie aérienne dont le sauvetage
est compliqué par la campagne électorale en Italie.
M. Spinetta retrouve les syndicats à 14H00 locales (13H00 GMT) après une
première rencontre le 18 mars qui s'est soldée par un échec. Les organisations
syndicales avaient alors rejeté le plan de 2.100 suppressions d'emplois, le
démembrement de la filiale services au sol AZ Servizi et la suppression de
l'activité cargo en 2010.
Selon la presse italienne, le patron d'Air France-KLM proposerait de
reprendre une partie des 134 pilotes de l'activité cargo. M. Spinetta avait
souligné après la première rencontre avec les syndicats que les marges de
négociation étaient "très faibles ou inexistantes" en raison de la situation
financière de la compagnie, au bord de la faillite.
"Le président proposera aujourd'hui à 14H00 son plan aux syndicats", a
déclaré une porte-parole d'Air France-KLM. Interrogée par l' , Alitalia s'est
refusée de son côté à commenter ces informations.
Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a fait appel lundi au sens des
responsabilités des syndicats d'Alitalia, leur demandant "de penser à l'avenir
de la compagnie" qui n'avait plus que 282 millions d'euros en caisse fin
janvier.
La ministre chargée du Commerce international et des Affaires européennes,
Emma Bonino a même affirmé que la trésorerie n'était plus que d'une centaine de
millions d'euros fin mars.
"Nous sommes pour un accord qui sauvegarde l'avenir d'Alitalia", a réagi le
secrétaire général du principal syndicat de la compagnie, la Filt-Cgil, Fabrizio
Solari.
Le syndicat demande des garanties sur le renouvellement de la flotte, la
survie d'une activité cargo et le maintien d'AZ Servizi dans la compagnie.
Les syndicats doivent donner leur réponse sur le plan de reprise d'ici le 31
mars mais, selon Il Sole 24 Ore, un nouveau délai pourrait leur être consenti
par la compagnie franco-néerlandaise qui fait de leur feu vert une des
conditions pour concrétiser son offre.
Selon le quotidien, les discussions pourraient se prolonger jusqu'au 11
avril, date fixée dans un "accord cadre" signé par les deux compagnies le 15
mars pour la ratification par le gouvernement d'un compromis sur la prise en
charge sociale des suppressions d'emplois.
Les négociations entre syndicats et Air France-KLM sont compliquées par la
campagne électorale pour les législatives des 13 et 14 avril.
Le leader de la droite italienne Silvio Berlusconi, en tête des sondages, a
prévenu qu'il dirait "un non sec" à l'offre de rachat d'Air France-KLM s'il
devient Premier ministre et affirmé qu'il travaillait à une proposition de
rachat par des investisseurs italiens.
Air France-KLM avait auparavant indiqué qu'elle attendrait le feu vert du
nouveau gouvernement pour lancer effectivement son offre.
"Le destin de cette société qui risque la faillite car il n'y a pas
d'alternative sérieuse à celle d'Air France ne semble pas intéresser
Berlusconi", a critiqué mardi le ministre des Affaires étrangères Massimo
D'Alema.
M. Berlusconi est allié au parti populiste et régionaliste de la Ligue du
Nord qui dénonce le plan d'Air France-KLM et il doit aussi tenir compte des
protestations de son parti dans la région de Milan, furieuse du retrait
d'Alitalia de l'aéroport de Malpensa à compter de fin mars.
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