L'euro passe sous 1,50 dollar pour la première fois en 5 mois
(ACTUALISATION, PAPIER GENERAL)
ATTENTION - avec changement d'origine, cours actualisés et commentaires
d'analystes ///
NEW YORK (AFX) - L'euro est brièvement passé sous le seuil de
1,50 dollar vendredi, en raison de craintes sur la résistance de l'économie de
la zone euro après les propos du président de la Banque centrale européenne
Jean-Claude Trichet.
Vers 20H20 GMT (22H20 à Paris), l'euro valait 1,5017 dollar, contre 1,5321
dollar jeudi vers 21H00 GMT. Auparavant, vers 19H20 GMT, il avait touché un plus
bas à 1,4996 dollar pour un euro, un niveau qui n'avait plus été atteint par la
monnaie unique depuis le 27 février.
Le yen a touché un plus bas depuis janvier face au dollar à 110,36 yens,
atteint lui aussi par les craintes de récession au Japon. La livre sterling a
également touché un plus bas face au dollar, à 1,9146 dollar pour une livre, un
niveau plus atteint depuis novembre 2006.
Même punition pour le franc suisse qui s'est affaissé à 1,0837 franc suisse
pour un dollar, un plus bas depuis février dernier.
Alors que, depuis janvier, l'euro s'était envolé vers des records
historiques, le sentiment semble s'être inversé et les investisseurs ont révisé
leurs positions.
Les investisseurs rachètent des dollars au détriment des euros parce qu'ils
redoutent que la zone euro puisse "être la première à entrer en récession",
expliquent les analystes de Capital Economics.
"Les difficultés de l'économie américaine se propagent dans le reste du
monde et notamment en Europe", a avancé David Gilmore, analyste chez Foreign
Exchange Analytics.
Malgré les inquiétudes grandissantes sur la résistance de l'économie de la
zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de laisser son
taux directeur inchangé à 4,25%.
Cette décision a été suivie de commentaires de son président Jean-Claude
Trichet, qui a dit avoir "identifié certains risques pour la croissance".
"Nous avions identifié certains risques pour la croissance (...). Certains
se matérialisent", a affirmé M. Trichet, prédisant un ralentissement économique
net aux deuxième et troisième trimestres.
Les cambistes gardaient un oeil sur les cours du pétrole, tombés vendredi à
115 dollars le baril. Leur récent recul a éclairci les perspectives de reprise
économique aux Etats-Unis, "déjà soutenues par l'activisme des responsables
économiques américains" soulignaient les analystes de Commerzbank.
"La faiblesse des taux d'intérêt semble être de moins en moins un problème
pour le dollar" ajoutaient-ils. La Réserve fédérale a maintenu son taux
directeur à 2% mardi.
La chute de la monnaie unique a également été encouragée par des facteurs
techniques et psychologiques propres aux marchés.
Les analystes jugent ainsi que le marché se situe, depuis le dernier record
du 15 juillet (à 1,6038 dollar), dans une configuration nettement baissière.
"Après avoir enfoncé les seuils de support (niveaux en dessous desquels une
valeur n'est pas attendue par les analystes, ndlr), la monnaie unique a déjà
affûté ses armes pour la cible des 1,50 dollar et une autre baisse ne peut pas
être exclue dans les prochaines semaines, en particulier sur des marchés
estivaux donc volatils", commentaient les analystes de Capital Economics.
La semaine prochaine, les marchés seront particulièrement attentifs aux
chiffres sur l'inflation publiés en zone euro, aux Etats-Unis et en
Grande-Bretagne.
mda-lo/cg/jug
|