BRUXELLES (AFX) - L'inflation a continué d'accélérer en mars
en Belgique pour atteindre son plus haut niveau depuis vingt-deux ans, à 4,39%
sur un an, sous la pression des prix de l'énergie, selon des données publiées
vendredi par le ministère belge de l'Economie.
Il faut remonter à septembre 1985 pour trouver un niveau supérieur, à 4,56%,
a-t-on précisé au ministère.
En février, l'inflation avait atteint 3,64% soit déjà du jamais-vu depuis 17
ans dans le pays.
Les mouvements à la hausse les plus importants ont été enregistrés en mars
pour les prix des carburants, des combustibles liquides, de l'électricité et du
gaz, ainsi que dans les cafés et restaurants, selon le communiqué du ministère.
L'inflation s'est accélérée en Belgique depuis l'automne, s'établissant à
1,5% en septembre, dépassant le seuil des 2% en octobre, celui des 3% en
décembre et donc celui de 4% en mars.
Dans une étude publiée le mois dernier, la Banque nationale de Belgique
(BNB) a relevé qu'au cours des deux dernières années, les prix des produits
alimentaires et de l'énergie avaient globalement augmenté plus vite en Belgique
que dans le reste de la zone euro.
Stijn Decock, économiste chez la maison de courtage bruxelloise Petercam,
relativisait toutefois vendredi la situation belge.
"On ne reviendra pas au niveau d'inflation très bas du début des années
1990, mais nous ne pensons pas que le niveau actuel soit un très grand problème
pour cette partie-ci de l'Europe, qui a d'autres atouts compétitifs", a-t-il
commenté.
L'économiste juge peu probable un retour à une situation similaire à celle
des années 1970, où l'inflation était très haute en Belgique, car "l'importance
du pétrole dans le PIB belge est moins grande qu'à l'époque du choc pétrolier et
des mécanismes ont été mis en place pour limiter l'augmentation des salaires".
"De plus, grâce à l'euro, l'impact de la hausse des prix des produits
pétroliers et des produits alimentaires comme les céréales est amorti", a-t-il
encore souligné.
L'Office européen des statistiques Eurostat doit publier lundi sa première
estimation de l'inflation en zone euro pour le mois de mars. En février, elle
avait atteint 3,3%, un record absolu depuis que des statistiques ont commencé à
être produite sur ce sujet dans les pays concernés, en 1997.
La Banque centrale européenne, qui vise à moyen terme une inflation
européenne proche mais en dessous de 2%, a jusqu'ici refusé de baisser ses taux,
arguant de risques inflationnistes. Son homologue américaine a au contraire
relevé les siens pour soutenir une croissance défaillante.
Mercredi, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a laissé peu d'espoir
d'un changement de politique monétaire en réaffirmant devant les eurodéputés à
Bruxelles que contenir l'inflation restait "la plus haute priorité" de la BCE,
et que l'inflation devrait rester supérieur à 2% pendant une bonne partie de
2008.
soe-siu/js
|