Mandelson craint un "échec" des négociations à l'OMC (ACTUALISATION)
BRUXELLES (AFX) - Le commissaire européen au Commerce Peter
Mandelson a estimé vendredi qu'il existait désormais "un grand risque d'échec"
des négociations à l'Organisation mondiale du commerce dans le cadre du cycle de
Doha.
"Je crains maintenant que Doha ne soit confronté à un grand risque d'échec
--le premier échec de l'histoire dans un cycle de négociations commerciales
multilatérales", a déclaré le commissaire dans un discours prononcé au Lesotho,
lors d'une réunion des ministres du commerce des Pays les moins avancés, et
diffusé par ses services à Bruxelles.
Cet échec serait "un signe que la communauté internationale n'est simplement
pas capable de se mettre d'accord quand il s'agit de gouvernance économique, ce
qui est le pire signal à envoyer alors que nous cherchons des solutions
mondiales sur le changement climatique et les flux financiers", a-t-il ajouté.
Il a souligné que les principales victimes de cet échec seraient les pays
pauvres, qui étaient pourtant censés bénéficier de ce cycle dit "de
développement".
"Je veux simplement dire encore que nous sommes face à la dernière
opportunité pour trouver un accord", a continué le commissaire, appelant à
saisir l'occasion des prix élevés des produits agricoles pour trouver un accord
dans l'agriculture.
"Cela offre aux Etats-Unis une occasion unique de réformer son système
d'aide aux agriculteurs qui fausse la concurrence sans coût politique
important", a-t-il estimé.
Il a d'ailleurs insisté sur le fait que le calendrier électoral américain,
avec la présidentielle en novembre prochain, poussait aussi à une décision "dans
la période qui vient". "Le climat pour des accords commerciaux ne va pas
s'améliorer avec un nouveau président américain", a-t-il dit.
L'UE estime avoir déjà fait suffisamment d'efforts concernant ses
propositions de baisse des subventions et attend des Etats-Unis "des réductions
similaires".
Le cycle de négociations de Doha, lancé en 2001 dans la capitale du Qatar,
oppose les pays en développement, qui dénoncent les subventions agricoles des
pays riches, à ces derniers qui réclament une baisse des barrières douanières
pour les produits industriels et les services.
Les médiateurs chargés des groupes de négociation à l'OMC ont publié
récemment trois nouveaux textes de négociation pour l'agriculture, les biens
industriels et les services.
M. Mandelson a jugé vendredi que le texte sur les échanges de produits
industriels, qui fait l'unanimité contre lui, "a créé de nouvelles ambiguïtés".
De manière générale dans ces négociations, "nous ne demanderons pas plus que
ce que les autres peuvent faire. Mais nous ne pouvons pas non plus accepter
moins que ce que les autres peuvent se permettre", a-t-il insisté. Il a malgré
tout plaidé pour un accord, même imparfait, qui serait toujours mieux que pas
d'accord du tout.
abd/ylf/nas
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