Michel de Virville, un des dirigeants de l'UIMM, spécialiste du social
(BIO-PORTRAIT)
Par Isabelle TOURNE
=(PHOTO ARCHIVES)=
PARIS (AFX) - Michel de Virville, 62 ans, qui a démissionné de
la présidence de l'Unedic après avoir été mis en cause dans l'affaire de l'UIMM,
est un des dirigeants de cette puissante fédération patronale et un spécialiste
des questions d'emploi.
C'est précisément pour ses compétences dans ce domaine que la présidente du
Medef, Laurence Parisot, l'avait désigné en janvier à ce poste qui revient
alternativement au patronat et aux syndicats.
Denis Gautier-Sauvagnac, au centre de l'affaire de l'UIMM, a été président
de l'Unedic (assurance-chômage) à plusieurs reprises.
M. de Virville est notamment l'auteur d'un rapport controversé sur une
nouvelle forme de contrat du travail, remis en 2004 à François Fillon, alors
ministre des Affaires sociales.
Ce rapport suggérait de créer une nouvelle forme de contrat de travail, dit
"contrat de mission", permettant de recruter un cadre ou du personnel qualifié,
pour participer à un projet déterminé.
Une idée défendue par le Medef, et que l'on retrouve dans le projet d'accord
entre le patronat et les syndicats sur le marché du travail.
Né le 13 mai 1945 à Paris, Michel Davy de Virville, passionné par les
chiffres, docteur en statistiques mathématiques, a entamé sa carrière comme
ingénieur de recherche au CNRS, de 1968 à 1975.
En 1984, il devient conseiller au cabinet du Premier ministre Laurent
Fabius. Il est alors l'un des collaborateurs de Louis Schweitzer, qui prendra
ensuite la tête du groupe automobile Renault.
De 1986 à 1988, il est conseiller auprès du Délégué à l'emploi, puis devient
directeur de cabinet de Jean-Pierre Soisson, ministre du Travail "d'ouverture".
En 1993, il rejoint le groupe Renault, dont il est nommé secrétaire
général.
A la demande de Jacques Barrot, ministre du Travail, il rédige en 1996 un
rapport sur la réforme de la formation professionnelle.
En 1997, c'est lui qui annonce la fermeture de l'usine belge de Vilvorde,
décidée dans le cadre d'un vaste plan de restructuration de Renault, qui va
provoquer une onde de choc sociale et politique et durablement marquer les
mémoires en Europe.
Un an plus tard, il devient directeur des ressources humaines du groupe.
"C'est un expert du droit du travail, un négociateur qui a le sens des
réalités et beaucoup d'intuition", dit de lui Louis Schweitzer.
Mais "derrière sa bonhomie, il sait ce qu'il veut, et rester ferme sur ses
propositions", souligne Fred Dijoux, délégué central de la CFDT chez Renault.
"Libéral", "homme du Medef", pour un autre syndicaliste, il serait aussi
"celui qui remet en cause les statuts et qui le revendique". "Sûr de lui, il
n'aime pas être contredit; il considère qu'il doit neutraliser le monde
syndical, si celui-ci n'est pas d'accord avec ses orientations", poursuit ce
détracteur.
"Intelligent, vif, extrêmement provocateur, il a contribué à la dégradation
des conditions de travail chez Renault en permettant une explosion des horaires
pour les cadres et une partie des techniciens", accuse Vincent Neveu, un des
responsables de la CGT chez Renault.
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