Miko Saint-Dizier: la justice invite CE et direction à négocier
ATTENTION - ajoute réaction Unilever ///
NANTERRE (AFX) - Le tribunal de Nanterre, saisi en référé par
le comité d'entreprise (CE) de l'usine Cogesal-Miko de Saint-Dizier pour faire
invalider le plan social, a reporté mardi son audience au 9 avril afin que le CE
et la direction négocient davantage, ont indiqué les avocats des deux parties.
La chambre des référés civils du tribunal de Nanterre (TGI) a par ailleurs
"fortement invité" la direction à payer les salaires de non-grévistes du 12 au
29 février, a indiqué à l' Me Ralph Blindauer, l'avocat du CE, qui représente
également les syndicats CGT et FO.
La direction de l'usine en restructuration avait en effet suspendu le
paiement des salaires de tous les employés de production, qui représentent 60%
des 493 salariés du site, alors que seule une partie d'entre eux participait au
blocage.
Si les deux parties ne trouvent pas d'accord d'ici au 9 avril, l'affaire
sera examinée et jugée.
Le CE de l'usine de Saint-Dizier avait assigné l'entreprise en justice d'une
part pour faire invalider le plan social et d'autre part pour que les salaires
des non-grévistes soient payés.
"Le processus de négociation n'a pas été correctement mené. La première
réunion (relative aux mesures d'accompagnement du plan social, ndlr) a été
bâclée. Le CE n'a pas été correctement consulté, selon les normes de la
législation française", avait expliqué Me Ralph Blindauer.
Les mesures de reclassement ont également été jugés insuffisantes par le
CE.
"La procédure de dialogue avec les partenaires sociaux a été conduite de
manière parfaitement régulière, durant plus de trois mois et au cours de près de
20 réunions", a estimé pour sa part Sophie Jayet, porte-parole d'Unilever
France, dans un communiqué.
"Une nouvelle réunion de négociation s'est tenue ce matin à Rueil-Malmaison
(Hauts-de-Seine, siège du groupe, ndr), réunion qui se poursuivra le 1er avril.
La volonté de Miko reste de trouver une issue constructive pour l'usine de
Saint-Dizier et pour chaque salarié", a-t-elle ajouté.
Des salariés de Miko ont bloqué le site de Saint-Dizier (Haute-Marne) du 9
janvier au 18 mars pour protester contre la suppression d'environ 250 emplois
sur un total de 493 d'ici juillet 2008.
Début septembre, Unilever avait annoncé la suppression de 20.000 emplois
dans le monde, dont 10 à 12.000 emplois en Europe.
arb/nas
|