ATTENTION - Ajoute nouvelles déclarations de la Commission ///
BRUXELLES (AFX) - La Commission européenne a mis en demeure
jeudi les autorités italiennes de lui fournir des informations sur la
contamination de lots de mozzarella pour 17H0O GMT ce jour, sinon la mozzarella
pourrait être frappée d'embargo, selon une porte-parole.
"Nous attendons 18H00 (17H00 GMT) et si nous n'avons pas de réponse, la
Commission envisagera des mesures de sauvegarde", a expliqué cette porte-parole.
Parmi ces mesures figure la possibilité d'un embargo, a-t-elle indiqué, sans
préciser exactement quelles sortes de mozzarella seraient alors touchées.
"Les autorités italiennes ont envoyé des informations mercredi, mais elles
n'étaient pas complètes. Une lettre très ferme leur a été adressée mercredi soir
pour leur demander de les compléter et ceci pour jeudi 18H00", a précisé la
porte-parole.
"Nous avons commencé à recevoir des informations jeudi. Mais nous attendons
d'avoir des informations complètes. A 18H00, qui est l'heure limite, si nous
n'avons pas un dossier complet, nous verrons ce qu'il sera nécessaire de faire",
a-t-elle affirmé.
Les mesures envisagées vont d'un "retrait des produits commercialisés" à
"l'interdiction complète des produits venant de la région concernée, la
Campanie", a-t-elle précisé. "Mais nous n'en sommes pas là. L'information est en
train d'arriver", a-t-elle souligné.
Le ministère de la santé italien a assuré jeudi en fin de matinée avoir
envoyé toutes les informations réclamées.
Selon les informations communiquées par les autorités italiennes, "la
contamination concerne quatre exploitations et 23 centres de produits laitiers,
où ont été décelés des taux de dioxine un peu plus élevés que les taux permis
par la législation européenne, mais pas excessifs", a indiqué la porte-parole de
la Commission.
"Les produits contaminés semblent avoir été commercialisés sur le seul
marché local et il n'auraient pas été envoyés dans des pays de l'Union
européenne ni dans des pays tiers", a-t-elle ajouté, citant les informations
fournies par Rome.
"Nous parlons de la Campanie (la région de Naples), pas de toute l'Italie et
de mozzarella au lait de bufflonnes", a-t-elle insisté.
"La Commission demande le retrait immédiat des produits contaminés du
marché, la communication des noms des élevages de bufflonnes mis sous séquestre,
la liste des produits contaminés, des informations sur les mesures de contrôle
mises en oeuvre et des garanties sur les mesures de prévention", a-t-elle
ajouté.
La Corée du Sud et le Japon ont déjà imposé un embargo temporaire de la
mozzarella de lait de bufflonne dans l'attente d'informations.
Le ministre italien de l'Agriculture, Paolo De Castro, a réfuté mercredi
tout lien entre les cas de mozzarella à la dioxine et la crise récurrente des
déchets à Naples et en Campanie, qui dure depuis 14 ans en raison de la mauvaise
gestion du traitement des ordures.
Cette gestion est un autre sujet de contentieux avec la Commission
européenne, qui a mis en demeure l'Italie de respecter la législation européenne
sous peine de sanctions.
L'Italie produit 33.000 tonnes de mozzarella par an et compte quelque
250.000 bufflonnes produisant du lait destiné à la mozzarella, fabriquée à 80%
en Campanie, la région la plus pauvre d'Italie selon les données d'Eurostat.
Quelque 16% de la production totale de mozzarella au lait de bufflonne sont
exportés.
Selon l'Organisme pour la protection de la mozzarella de lait de bufflonne
labellisée "Dop", l'équivalent de l'appellation d'origine contrôlée française,
les ventes de mozzarella seraient déjà en baisse de "30 à 35%" en Italie.
csg/siu/pg
|